Jardins d'Orient - De l'Alhambra au Taj Mahal

L’exposition de l’Institut du monde arabe est cette année consacrée aux jardins d’Orient, de l’Espagne à l’Inde. Consacrée d’ailleurs autant aux jardins qu’à la place de l’eau dans des régions le plus souvent arides : d’où nombre d’évocations de norias, de vis d’Archimède sans fin, d’oasis…
Un parcours riche de quelques 300 œuvres d’art, de maquettes, de tirages photo ou d’ingénieux dispositifs rappelant ce que les jardins doivent au talent des ingénieurs du passé (comptez une heure et quart de visite). Une exposition enrichissante, ponctuée par un jardin (encore très vert, au sens figuré) avec une superbe anamorphose végétale.
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Jusqu'au 25 septembre 2016
Thierry Vagne 25/4/16

Un autre monde dans notre monde à la Galerie du jour

Le fantastique est bien plus proche de nous qu’on ne pourrait le croire. Prenez par exemple ces photos de cathédrales de Markus Brunetti. Elles sont tellement frontales et tellement bien retouchées par les techniques numériques qu’elles en acquièrent une sorte d’apparence parallèle. Ce qui fait l’intérêt du réalisme fantastique, c’est cette proximité entre les objets les plus quotidiens et le surnaturel. C’est comme si, dans notre univers le plus banal, des portes s’ouvraient soudain sur l’invisible.
L’exposition « Un autre monde dans notre monde », reprend les thèmes que Louis Pauwels et Jacques Bergier avaient si bien portés avec la revue Planète, dans les années 60. Une révolution du regard, pour nous obliger à voir au-delà des apparences et à discerner le sens profond des choses. Laissez-vous saisir. Regardez ce court métrage de Céleste Boursier-Margenot, dont les images vous emmènent derrière l’écran. Ou celui de Adrian Perci, « Per Speculum », où le temps se suspend soudain et où les images les plus banales vous font plonger au-delà du regard humain. Et, si vous êtes attentif à la pièce vidéo de Corey Mc Corckle, ne manquez pas de remarquer ce poisson incongru qui nage sur les feuillages en pleine forêt.
Dans notre monde où les frontières s’effacent entre la réalité et le virtuel, nous avons besoin de redonner un peu de force à notre puissance d’imagination et de bousculer nos esprits tellement formatés. Cette exposition constitue une excellente cure de désintoxication. Dépêchez-vous d’y aller… 
David et Jacques Pirson (07/7/2016)
Galerie du jour - Entrée libre jusqu’au 16 juillet
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Solitaire de Stéphane Thidet au Collège des Bernardins

Deux grandes sculptures mobiles, installées au cœur d'une architecture gothique exceptionnelle, méritent le détour à Paris, au collège des Bernardins, depuis le 1er avril jusqu'au 10 juillet 2016. Stéphane hidet, plasticien quadragénaire parisien, a suspendu deux bois flottés de 150 kg sous les hautes ogives de l'ancienne sacristie, au dessus d'une masse liquide sombre recouvrant tout le sol.   
Dans une certaine pénombre, ces sculptures naturelles sont éclairées et tournent sur elles-mêmes, offrant au visiteur imaginatif et contemplatif le lent mouvement hypnotique de grandes ombres fugitives et mystérieuses, avec de brefs reflets dans l'eau et sur la pierre calcaire. Le silence n'y est troublé ni par la cafétéria du Collège des Bernardins ni par le flot de voitures sur le boulevard Saint-Germain voisin.    
Dans cette œuvre éphémère, intitulée "Solitaire",  l'artiste entend "explorer la fragilité et l'instabilité d'une situation", idée récurrente dans son travail. Stéphane Thidet est l'auteur d'un mémorable Refuge, dans une récente exposition "Inside" au Palais de Tokyo à Paris.
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Jusqu'au 10 juillet 2016
Marie-France Blumereau-Maniglier  26/4/16

 

Céramiques coréennes à Limoges

Si vous passez par Limoges, deux expositions présentent des céramiques coréennes dans le cadre des manifestations du 130e anniversaire des relations diplomatiques France-Corée.

A la Fondation Bernardaud, l’exposition « Céramique contemporaine coréenne » présente des œuvres de 14 céramistes coréens contemporains, d’une rare qualité : des pièces aux couches multiples de porcelaine liquéfiée de Sinhyun Cho, aux paysages urbains découpés au laser sur de fines feuilles de porcelaine ou encore aux étonnantes pièces en savon de Meekyoung Shin.
La visite s’effectue accompagnée de guides compétents et attentionnés.

Parallèlement, le Musée national Adrien Dubouché présente l’exposition  « Corée, 1886 - Roman d’un voyageur », qui nous invite à un voyage dans la Corée du 19e siècle en suivant les traces du premier diplomate français à découvrir le pays, Victor Collin de Plancy.
Les œuvres présentées permettent de dresser un panorama de l’art coréen depuis le 5e siècle jusqu’au 19e siècle, avec, en introduction, une sélection d’œuvres contemporaines. Une exposition aussi intéressante que variée.

 

Thierry Vagne (31/7/2016)
Fondation Bernardaud - Jusqu’au 5 novembre 2016
Musée national Adrien Dubouché - Jusqu’au 17 octobre 2016

 

Les gens du Monde - un film pour mieux comprendre un media influent

La possibilité de se plonger dans le travail quotidien des journalistes du Monde et dans l'ambiance de cette rédaction est offerte dans un documentaire, "les gens du Monde", proposé dans quelques salles à partir du 10 septembre 2014. Au bout d'une heure et vingt minutes de projection, le public se montrait intéressé et reconnaissant lors d'un débat avec le réalisateur, Yves Jeuland, organisé au cinéma L'Escurial, le 7 septembre. La jeune productrice du film a souligné ses difficultés de financement et une absence d'aide publique, au cours d'une des rencontres dominicales de ce cinéma d'art et d'essai parisien, qui appartient à la productrice Sophie Dulac, qui soutient beaucoup les courts-métrages.
Le cinéaste a réussi à se faire "petite souris" - à l'image des dessins de Plantu, pendant 5 mois, en 2012. L'image et le son, bien maitrisés, illustrent des échanges nombreux entre collègues, des interrogations déontologiques entre reporters de base et directeur de rédaction, des hésitations de rédacteurs sur des sujets délicats, des scoops, des retards... On assiste à plusieurs conférences de rédaction, animées, franches et pleines d'humour.
On découvre comment a été choisie la photo du candidat socialiste élu à l'Elysée, en compagnie d'une femme alors radieuse (journaliste de magazine devenue deux ans plus tard l'auteure d'un best-seller vengeur en pleine rentrée littéraire). On entend des commentaires, parfois sceptiques et perspicaces, sur cet homme politique. On écoute des débats, très animés, entre les journalistes et leur hiérarchie sur la nécessité ou non de faire un édito pour conseiller les lecteurs-électeurs avant le vote. Des reporters "news" expriment doutes et lassitudes en pleine campagne électorale. Une journaliste politique senior écrit un article délicat sur DSK et en discute dans la rédaction.
Le rythme du film est assez rapide (mas pas trop), à l'image d'un métier difficile, très matinal et souvent réalisé dans l'urgence (pas toujours grâce aux pages "froides" et aux nécrologies anticipées). Le développement des tweets change le journal et divise un peu seniors et jeunes adeptes des réseaux sociaux. La rédaction ne semble pas univoque. Elle paraît assez transparente devant l'habile cameraman. Le métier se révèle artisanal, harassant, éloigné de certaines théories de complots concernant des couvertures de grands évènements médiatiques. Cependant, l'ensemble de ce grand quotidien et de son organisation, notamment financière, n'est pas vraiment présenté, ni ses perspectives économiques difficiles, dans une presse écrite sinistrée. Le DVD prévu pourrait en révéler davantage.

Marie-France Blumereau-Maniglier 08/09/2014

 

Karl Lagerfeld : A visual Journey

Nous connaissons toutes et tous le « Kaiser » de la mode et son travail pour la maison Chanel lors de chaque collection haute-Couture. Mais est-ce bien tout ?
Créateur, photographe, éditeur, designer, réalisateur, Karl Lagerfeld est un touche à tout, un « caméléon des arts ». Son style est affuté, moderne et structuré. Karl interpelle, intrigue mais ne laisse jamais indifférent avec un style bien marqué.
En 1983, il commence sa collaboration avec Chanel où il bouscule les codes, rajeunit la clientèle, ce qui permet à la marque de réaffirmer sa place dans le monde de la mode et du luxe.
Dès 1987, il passe derrière l’objectif et réalise toutes les campagnes publicitaires. Comme il le dit : « Ce qui m’amuse, c’est ce que je n’ai jamais fait ».
Il étend son champ d’action en créant des costumes d’opéra, opère le lifting de la bouteille de Coca-Cola light, etc… Il est un des premiers à s’associer à une marque dite de « mass market », H&M, afin d’y créer une collection abordable pour tous.
Cette exposition nous montre l’étendu du talent de photographe de cette figure emblématique. Il s’agit de portraits de stars : Carla Bruni, Carole Bouquet, Lou Doillon, en noir & blanc, simple mais fort… Mais pas seulement, cela serait trop facile !
L’architecture tient aussi sa place. Au fil de l’exposition, nous retrouvons la série « Factory Constructivism », 2004, avec des lignes épurées ; « New York facades », 2010, de grands tirages de façades new-yorkaises, des vues de la tour Eiffel ; « Aktstrakt », 2000, qui est une série abstraite de 12 photos avec des jeux de lumière et de contrastes représentant le corps nu d’un homme... Karl Lagerfeld change de supports, teste des impressions à la gélatine argentique ou la sérigraphie sur papier arches.
Deux séries monumentales se trouvent au milieu de l’exposition : « Daphnis et Chloé » et « Le Voyage d’Ulysse ». De grands panneaux en noir et blanc mettant en scène des paysages pastoraux et des personnages habillés à l’antique, avec de grands drapés blancs. Le rendu est à la fois splendide, intriguant et subtile.
L’exposition se termine par des photos ayant fait la couverture des plus grands magazines de mode, tel Harper’s Bazaar, Vogue, Numéro, où le style de Karl est reconnaissable dans sa façon de saisir le tombé du vêtement.
Une bonne occasion de faire ou refaire connaissance avec ce personnage haut en couleur et à la palette de talents multiples, quoiqu’une exposition un peu courte.
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine 75008 Paris
Chrystelle Tassios - 22/10/2015

Irma la douce
Marguerite Monnot a composé la musique de plusieurs grands succès d’Edith Piaf et c’est avec plaisir que nous retrouvons les airs dont elle avait accompagné les textes d’Alexandre Breffort.
Entraîné par un orchestre dynamique, le charmant couple que forment Marie-Julie Baup et Lorànt Deutsch  (mariés à la ville) joue et chante dans un joli décor qui va de leur chambrette sous les toits de Paris jusqu’au bagne dont Nestor s’évadera. N’oublions pas la présence toujours marquante de Nicole Croisille, la narratrice, ainsi que la dizaine de comédiens énergiques qui entourent les héros.
Enfin si des touristes anglo-saxons sont tentés par cette comédie musicale si parisienne, des surtitres en anglais les aideront à suivre l’intrigue.
Voici un agréable spectacle pour une rentrée optimiste. .

Théâtre de la Porte Saint-Martin
Du mardi au vendredi à 20h. Samedi à 17h et 20h45.
Marie-José Sélaudoux
(23/9/15)

 

Hector Berlioz - La damnation de Faust
… pas que de Faust. Si Philippe Jordan et l’orchestre de l’Opéra sont dignes d’éloges, ainsi que les chanteurs Jonas Kaufmann, Sophie Koch et Bryn Terfel, on ne peut que regretter qu’il n’y ait pas eu hier soir une grève des machinistes qui aurait obligé les interprètes à une version uniquement chantée et nous aurait épargné une telle pollution visuelle. Le grand savant tétraplégique Stephen Hawking qui explore les mystères de l’Univers et pense qu’une solution à la surdensité sur terre serait de partir sur Mars, aurait la même démarche que Faust quand il signe son pacte avec Méphistophélès. Pour illustrer cette théorie fumeuse, le metteur en scène letton Alvis Hermanis nous inflige sur écran géant de constantes vidéos du cosmos, d’insectes qui se battent, de rats… sur scène le corps de ballet presque nu gesticule évoquant peut-être un grouillement de vers et le malheureux savant circule dans son fauteuil roulant pendant tout l’opéra.
Les spectateurs n’en peuvent plus, certains partent à l’entracte. Tout de même, il serait dommage de ne pas entendre la romance de Marguerite (« D’amour l’ardente flamme… »), donc nous restons. A la fin, le public applaudira l’orchestre et son chef, les chanteurs, les chœurs et le chef des chœurs, ainsi que le danseur Dominique Mercy (recroquevillé dans le fauteuil roulant pendant toute la représentation et se déployant à la fin car il retrouve la santé). Alvis Hermanis n’était pas sur scène, heureusement pour lui..

Opéra de Paris
Jusqu'au 25 décembre 2015.
Marie-José Sélaudoux
(13/12/15)


Pascal Amoyel - Le jour où j'ai rencontré Franz Liszt
Après son superbe spectacle consacré à son maître, György Cziffra, Pascal Amoyel se produit de nouveau au Théâtre du Ranelagh pour "Le jour où j'ai rencontré Franz Liszt". Une autre réussite que ce "one-pianist-show" (j'ai eu le bonheur de le voir dl'an dernier, mais Pascal Amoyel l'a profondément remanié depuis m'a-t-il dit).

 "Sur des musiques de Bach, Mozart, Beethoven, Chopin, Schumann, Liszt..., c’est avec son regard émerveillé d'enfant que Pascal Amoyel nous convie à rencontrer "son" Franz Liszt alors âgé de 7 ans, vivant dans une petite ville de Hongrie... Le public voyage à leurs côtés dans un spectacle à la forme unique mêlant musique, théâtre, et...magie".

Théâtre du Ranelagh
Jusqu'au 28 février 2016
Thierry Vagne
(13/12/15)

 

Baccarat, la légende du cristal - Petit Palais

A quel point pensez-vous bien connaitre Baccarat ?
Je me suis rendue au Petit Palais pensant voir une exposition simple, avec un enchainement d’accessoires dédiés à l’art de la table « à la française »…J’étais pourtant bien loin du compte.
Par cette exposition, la maison Baccarat célèbre ses 250 ans de prestige et d’excellence, en France et dans le monde, maintes fois primée et médaillée lors des différentes expositions universelles. En 1832, la maison originaire de Lorraine s’installe pour la première fois à Paris pour prendre une autre dimension et devenir le lieu privilégié des rois, des tsars, présidents et autres célébrités.
Cette exposition de taille humaine, et presque intimiste, emmène le visiteur de manière chronologique à travers l’évolution des services de table, vases, lustres et autres candélabres. Un critique lors de l’exposition universelle de 1867 a écrit : « C’est la Cristallerie de Baccarat qui, par ses lustres gigantesques, change la pierre en diamant ».
Les jeux de lumière et de miroir sont très finement orchestrés tout au long du parcours et mettent en avant l’immense souci du détail et la perfection de chaque pièce, tel l’imposant candélabre « du Shah de Perse » trônant magistralement du haut de ses 3,55m. Plus loin, une autre œuvre se présente à nos yeux ébahis : un temple en cristal haut de 4,70 m avec une reproduction du Mercure volant de Jean de Bologne (1878). Ce temple est composé de 1960 pièces de cristal assemblées sur une structure métallique. Puis, le passage au 20eme siècle est abordé avec le règne du fer et du verre (Bateau en cristal, Médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1900). Baccarat ou « Le cristal des rois », ceci prend tout son sens grâce à la reconstitution d’une table d’apparat, dressée avec les couverts commandés et crées à l’époque pour certaines têtes couronnées et présidents.
1925: Baccarat s’adapte et adhère à l’esthétique géométrique de l’Art déco. Georges Chevalier, artiste-décorateur, collabore avec la maison et apporte un souffle de modernité. Il enrichit par la même occasion les collections (flacons de parfum, bijoux, luminaires et sculptures animales). Le visiteur se dirige vers la dernière salle, la plus magique et surprenante à mon sens, totalement inattendue : une enfilade de lustres avec un sol noir contrasté par des murs rouges, un jeu de lumière et de miroir différent des salles précédentes, mettant en valeur le lustre principal au fond de la pièce, en cristal clair et rouge taillé (lustre à 84 lumières, 1850).
Baccarat, en 250 années a su s’adapter aux désirs des plus grands mais aussi à amorcer le passage au modernisme et à l’électricité (candélabre dit « du Tsar », 1897, fut le premier luminaire électrifié par Baccarat). Ainsi, et encore aujourd’hui, palais et ambassades s’illuminent et reçoivent les plus hauts de ce monde « en Baccarat »…

Horaires
Du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu'à 20h.
Fermé le lundi et les jours fériés - Tarif : 11 €

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Chrystelle Tassios - 12/11/14

 

 

Musée Pierre Cardin - Passé Présent Futur : Une nouveauté dans le marais

Inauguré le 13 novembre 2014, Monsieur Cardin (né en 1922) nous accueille dans un endroit inattendu, niché au cœur du 4eme arrondissement de Paris. Situé dans une cour intérieure, le visiteur découvre un espace de 600m² retraçant les principales créations haute-Couture mais aussi de Prêt-à-porter, Hommes-Femmes des années 50 à nos jours, une partie de la collection de meubles imaginés par Monsieur Cardin ainsi qu’une salle réservée aux accessoires (bijoux, chaussures, chapeaux, sacs, lunettes, en métal, plastique ou vinyle).
Futuriste, avant-gardiste, provocateur, précurseur, penseur mais aussi classique, Monsieur Cardin nous montre toute l’ampleur de son talent en s’inspirant d’objets du quotidien (moules à gâteaux, pare-chocs de voiture, etc.) pour les incorporer dans ses tenues.
« Les vêtements que je préfère sont ceux que j’invente pour une vie qui n’existe pas encore, le monde de demain » (P. Cardin).
N’est-ce pas lui qui, en 1959, a organisé le premier défilé du Prêt-à-porter au Printemps permettant aux femmes de s’habiller comme les mannequins d’alors ?
De même, à la fin des années 50, une ligné dédiée aux hommes sera lancée, qui révolutionnera le monde de la mode masculine, avec notamment les vestes sans col à boutonnage.
Comme il le dit lui-même : « J’aime dessiner dans l’absolu, sans les contraintes d’angles, de couloirs, de pièces ou de murs. Faire des manches de robes ou des pieds à une table, c’est la même chose » (P. Cardin).
Le sous-sol et le rez-de-chaussée alternent entre les années 50 avec le triomphe de la robe-bulle, des robes asymétriques et des robes cerceaux, les années 60 avec la robe cosmos et les combinaisons unisexe Cosmocorps, inspirées des premiers pas de l’homme sur la lune, le tout saupoudrée d’une influence japonisante suite aux différents voyages réalisés au Japon et au passage par l’école de stylisme de Bunka Fukuso.
L’utilisation des matières, des tissus, des formes montrent un panel d’innovation impressionnant et qui a permis à Pierre Cardin de représenter si brillamment la France dans le monde entier.
Au fil des années, le visiteur appréciera et découvrira l’évolution du style propre à ce créateur et au travers, la transformation de la Femme Française.
Pierre Cardin va très vite abandonner les coupes droites et classiques pour des tenues plus extravagantes, plus courtes et plus près du corps mettant ainsi en valeur le corps féminin.
Il s’est également distingué dans la création de costumes de scène, tous devenus mythique aujourd’hui : « Chapeau Melon et bottes de cuir », certaines tenues des Beatles, etc.
Les années 90-2000 vont profondément affecter la vision de Pierre Cardin avec le phénomène de globalisation et, en parallèle, la volonté de préserver les cultures traditionnelles.
« Si la création est au départ un luxe, donc un privilège, sa vocation est de changer le style de vie de millions de gens » (P. Cardin).
La visite se termine par l’espace dédié aux robes de cocktails et de soirées…Un ravissement pour les yeux : courtes ou longues, minimalistes ou chargées, dorées ou colorées, dénudées ou couvertes, chaque femme peut facilement s’identifier à chacune de ces tenues si finement travaillées. Passé-Présent-Futur se mélangent donc…

Un grand merci à Madame Renée Taponier, conservatrice du musée et assistante de Monsieur Cardin, qui a si savamment organisé toute la présentation de ce musée et qui a donné à cette première visite un caractère si intimiste et privilégié !
Musée Pierre Cardin
5 rue Saint-Merri 75004 Paris
Horaires du mercredi au vendredi de 11h à 18h le samedi et dimanche de 13h à 18h. Tarif : 25€

Chrystelle Tassios - 16/2/2015

Jérôme Zonder - Fatum - La Maison rouge

Virtuose français du dessin, Jérôme Zonder expose une centaine d’œuvres, toutes en noir et en blanc, à la maison rouge à Paris, du 19 février au 10 mai 2015. L’artiste a conçu un parcours labyrinthique, intitulé FATUM.  
Collectionneurs et amateurs de dessin et d'art contemporain y déambulent comme au milieu d’un grand dessin, qui s’étale du sol au plafond, dans un camaïeu de blanc, de gris et de noir.   
Fusain, encre de chine, bic, mine de plomb... l’artiste maîtrise les techniques du dessin jusqu’au bout des doigts, sans gomme ni repentir, au service d’un univers mental et d’un système narratif, où se mêlent  l’histoire de l’art et du cinéma, la pop culture et le fantastique, des violences de l'Histoire, le passage de l’enfance à l’adolescence, des portraits et des autoportraits pleins d’autodérision. Son travail s’appuie souvent sur des photos d’archives.  
Marqué par Albrecht Dürer et par Otto Dix (« leur œuvre manifeste un rapport d’intensité au réel », dit-il), il aime aussi James Ensor.  La liberté de la bande dessinée l'impressionne également, à son arrivée aux Beaux-Arts à Paris, à l'âge de 19 ans.   
Certaines scènes sont dérangeantes, inspirées notamment d’exactions décrites dans « Cartea Negra » livre de preuves rassemblées par un avocat juif roumain, Matatias Carp, pour témoigner de la destruction des jujfs de Roumanie en 1940 – 44.   Jérôme Zonder vit et travaille à Paris, où il est né en 1974. Il est représenté par la galerie Eva Hober.
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La maison rouge - Jusqu'au 10 mai. Tarif : 9€
Marie-France Maniglier - 20/02/2015

Jubilatoire "Nuit des rois" de William Shakespeare au théâtre d'Ivry-sur-Seine
Les deux heures et demi de spectacle passent vite à rire des bouffonneries et des qui pro quo tragi-comiques du génial Shakespeare, mis en scène par Clément Poirée. Comme une ancre jetée dans notre époque affolée, la traduction habile de Jude Lucas modernise la pièce au maximum. Le désir, l'amour idéalisé et l'identité sexuelle restent ainsi des thèmes d'autant plus éternels. Les musiciens - comédiens incarnent, avec talent et avec une belle énergie, cette ambition de Poirée, habitué de Shakespeare et de Brecht : "pourvu que cela nous permette d'échapper à la nuit pleine de rêves, de fantasmes et d'idéaux pour se coltiner le réel, à la fois amer et jubilatoire". Dans un pays fictif, l'Illirie, au cours de la douzième nuit après Noël, le comte Orsino est passionnément amoureux de la comtesse Olivia, inaccessible depuis la mort de son frère. Une intrigue se noue autour d'un frère et d'une sœur, Viola et Sébastien, des jumeaux disparus séparément dans un naufrage. La gracile actrice Suzanne Aubert incarne ces deux êtres ambigus, fauteurs de trouble. Les acteurs chantent, marchent, courent et dansent, dans un jeu d'ombres et de lumières, parmi de hautes tentures de toile blanche, installées comme dans un grand dortoir.
A quelques pas du métro mairie d'Ivry (ligne 7), cette pièce vaut le détour, jusqu'au 1er février 2015. Le dimanche 18 janvier, une rencontre avec l'équipe artistique est organisée à l'issue de la représentation (à 16H le dimanche; à 20H  mardi, mercredi, vendredi, samedi ; à 19H le jeudi).

Théâtre d'Ivry
Marie-France Maniglier
(15/1/15)

Tangos oniriques
Récital bilingue de musique et de poésie avec Ingrid Tempel et Bernadette Nicolas Présentation du dernier livre de poésie d'Ingrid Tempel: En la luz del eclipse, Montevideo, Uruguay, éditions Yaugurú, 2014. Préface d'Horacio Xaubet.
Les chansons sont composées et chantées par la guitariste Bernadette Nicolas sur des poèmes d'Ingrid Tempel, en espagnol et en français. La guitariste se souvient de la bossa-nova et des rythmes d'Atahualpa Yupanqui pour chanter les sujets universels célebrés par Ingrid Tempel, poète et romancière uruguayenne, qui habite Paris depuis plus de 30 ans: l'amour, l'exil, l'amitié, les voyages... Libre participation

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Le 16 janvier 2015, à la maison de l'Amérique latine
Marie-France Maniglier
(15/1/15)

 

Art brut - Collection abcd - Bruno De charme - Maison rouge

La folie de l’« art brut » se propage à Paris, New York, Lausanne, Villeneuve d’Ascq, Porto, voire à Tokyo... Le collectionneur Antoine de Galbert ravive la curiosité (ou un agacement sceptique) pour ces productions artistiques en ouvrant les portes de sa parisienne « maison rouge » au collectionneur d’art brut Bruno Decharme, durant le dernier trimestre 2014. Plusieurs œuvres d’art brut étaient négociées à l’occasion de la Foire internationale d’art contemporain (FIAC) de Paris, achevée le 27 octobre 2014. A des prix parfois considérables pour un béotien découvrant cet étrange territoire, proche de l’art populaire et peuplé de singulières personnalités, plus ou moins autodidactes, parfois spiritistes, mystiques, souvent confrontées à la schizophrénie, parfois à l’autisme, voire à un enfermement involontaire.
Le clou de l’exposition de la « maison rouge » est probablement une grande installation d’avions en carton fabriquée par Hans-Jorg Georgi, 65 ans, Allemand, handicapé par la polio et par l’autisme et qui travaille sans relâche au sein de l’atelier Goldstein à Francfort-sur-le-Main. Cet atelier d’arts plastiques indépendant « n’est pas un projet social : il représente l’élite des artistes autistes travaillant en Allemagne aujourd’hui ».
Surfant avec passion sur cette mode de l’art brut, depuis plusieurs années, le galeriste parisien Christian Berst distribuait des cartons d’invitation, à la FIAC off. 2014, pour sa nouvelle antenne newyorkaise. Une « œuvre muséale » de l’Allemand Harald Stoffers constitue le « clou de l’exposition inaugurale » au 95 Rivington street (30 octobre 2014 – 21 décembre 2014). Sans cesse, l’artiste autiste écrit des lettres aux caractères serrés à sa mère défunte. Réalisée au marqueur et acrylique sur papier, l’œuvre partie aux Etats-Unis mesure 3,50 mètres sur 60 cm. Son prix : 50 000 €, preuve d’un décloisonnement entre les marchés de l’art contemporain et de l’art brut.

Du 18 octobre 2014  au 18 janvier 2015 - ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h nocturne le jeudi jusqu’à 21 h - Tarif : 9 €
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Marie-France Blumereau-Maniglier
 - 20/11/14
Texte "La folie de l'Art brut" :

 

« S’il y a lieu je pars avec vous »

 Le Bal - Merveilleux endroit que cette ancienne salle de bal des années folles, située au cœur du 18ème arrondissement, et transformée depuis 2010 en un espace d’exposition, de rencontres et débats autour de l’image-document.

Pour son 4ème anniversaire, sa directrice Diane Dufour a donné carte blanche à 5 artistes pour explorer le territoire de l’autoroute à l’aide du médium photographique. Comment représenter cette traversée hors du temps, ce voyage à travers différentes contrées mais peut être aussi voyage intérieur ?
Le visiteur pénètre dans la première salle où un paysage est représenté sur les murs. L’autoroute, peinte sur les photographies par l’artiste Alain Bublex dans une sorte de trompe l’œil, simplifie le réel et permet de mieux voir dans une mise à distance du paysage. Ici aucune narration, aucun être vivant, simplement des paysages refabriqués comme des fonds d’écran vidéo.
Au sous-sol, Stéphane Couturier propose un travail de fragmentation du paysage dans un polyptique constitué d’une trentaine de fines bandes espacées les unes des autres, dans une sorte de recomposition de paysage mental. L’artiste se place à l’extérieur de l’autoroute et donne à voir une vision séquentielle où les interstices laissent place à l’invisible.
Trois artistes vont associer image et narration : fictionnelle pour Julien Magre, autobiographique pour Antoine d’Agata et axée sur la réalité des autres pour Sophie Calle.
Julien Magre préfère s’arrêter sur une aire de repos, non-lieu par excellence, qui lui inspire un road movie autour des terreurs de la nuit. Pour Antoine d’Agata, l’autoroute devient une prolongation de journal intime où le paysage défile en parallèle à la vie de l’artiste. Sophie Calle, installée dans une cabine de péage, invite les automobilistes à répondre à ses questions : « où pourriez-vous m’emmener ? S’il y a lieu, je pars avec vous… », et attend d’être délivrée de sa solitude dans une incitation au rêve.
Ne manquez pas cette belle invitation au voyage… plus jamais vous n’emprunterez ces infrastructures, pourtant si familières, de la même façon… !
Jusqu'au 26 octobre 2014
Le Bal
6 impasse de la Défense
Paris, 18e  - Métro Place de Clichy Site

Sylvie Fontaine - 16/9/14

 

« Propos d’Europe 13 : Le musée d’une nuit (script for leaving traces) »

Installée dans l’ancienne agence de l’architecte Robert Mallet-Stevens qu’il construit en 1927, la Fondation Hippocrène soutient depuis 1992 des projets humanitaires, culturels et éducatifs axés autour de l’Europe.

Depuis 2002, elle présente une fois par an et au moment de la FIAC, des expositions d’art contemporain intitulées « Propos d’Europe », en mettant en lumière la scène artistique d’un pays afin de créer des réseaux d’artistes. Après la Fondation Giuliani de Rome invitée en 2013, c’est au tour de la DRAF (David Roberts Art Foundation) de Londres d’investir ce lieu emblématique de l’architecture moderniste. Vincent Honoré, son directeur et commissaire de l’exposition « le musée d’une nuit (script for leaving traces)» -titre inspiré en partie d’un tableau de Magritte- a imaginé un récit autour de la collection. Après lecture du livre « La blonde et le bunker » de J. Alikavazovic, il lui apparait évident que « la collection est une expérience de la perte davantage que de l’accumulation » tout comme le devenir des bâtiments de Mallet-Stevens pour la plupart abandonnés, dénaturés ou détruits après sa mort. Trois thématiques apparaissent dans la trentaine d’œuvres sélectionnées. L’hommage à Mallet Stevens et au modernisme surgit avec une photographie de son ami Man Ray, les dessins sérigraphiés sur tapis de Renaud Jerez, ou encore un corps allongé de Tamara de Lempicka (qui restera quelques temps dans un atelier-logement conçu par l’architecte). La thématique du surréalisme transparait dans les corps morcelés des sculptures de Michael Dean et Enrico David et l’œuvre anthropomorphique de Sarah Lucas. Enfin le motif de la trace, comme expérience de la perte, apparait dans les constructions faites de tissus récupérés et assemblés de Sergej Jensen et les flaques sombres évoquant des activités urbaines et passées de la jeune Marlie Mul.

Bien d’autres œuvres jalonnent ce parcours résolument contemporain et européen dans l’antre de Mallet Stevens et permettent de faire revivre les fantômes du passé puisque « les musées sont des maisons pleines de pensées » comme le dit si bien Marcel Proust.
Jusqu'au 20 décembre 2014
Fondation Hippocrène
12, rue Mallet-Stevens
Paris, 16eme Site

Sylvie Fontaine - 10/10/14

 

La visite de la vieille dame
Friedrich Dürrenmatt n’a rien d’un auteur optimiste, mais ici la nature humaine en prend vraiment pour son grade. Qu’y a-t-il derrière les grands principes que se plaisent à énoncer tant de personnes éminentes ? L’avidité, le mépris de l’humanité, la haine.
Tous les comédiens, avec en tête Samuel Labarthe et Danièle Lebrun, sont parfaits et on retrouve avec plaisir, dans le rôle du pasteur, Didier Sandre qui a rejoint, il y a peu de temps, la Comédie Française.
Certes Alfred Hill s’est conduit autrefois de façon ignoble avec Claire, et on comprend très bien qu’elle souhaite se venger. L’ignominie se trouve principalement dans l’attitude des notables qui prétendent vertueusement en chœur qu’il n’est pas question de sacrifier la vie de Ill, en échange de l’énorme somme d’argent promise par Claire. En fait, ils n’espèrent que cette issue et proposent même à Ill de se suicider, ce qui leur permettrait d’avoir la conscience tranquille. Celui-ci refuse et est donc condamné. Il faut ajouter que le nom de la ville, Gûllen, signifie lisier.
Tout est dit. Il faut voir cette pièce qui donne vraiment à réfléchir.   Marie-José Sélaudoux   La visite de la vieille dame T. Paris (VIe) Jusqu’au 30 mars

Théâtre du Vieux-Colombier - Jusqu'au 30 mars
Marie-José Sélaudoux
(11/3/14)

 

Gustave Caillebotte à Yerres
Une belle escapade à une bonne demi-heure au sud de Paris : La propriété Caillebotte où le peintre peignit nombre de ses œuvres.

2 intérêts à faire le déplacement :

  • 43 œuvres dont certaines jamais présentées au grand public, la plupart peintes sur place dans un petit musée bien illustré et qui pour une fois propose un éclairage adapté  - exposition jusqu’au 23 juillet ;
  • et un parc superbe, où à tout instant semble flotter l’esprit de Seurat… Seul inconvénient mineur : la proximité sonore d'Orly…

Site

Thierry Vagne - 11/6/2014

 

 

 

2 intérêts à faire le déplacement :

  • 43 œuvres dont certaines jamais présentées au grand public, la plupart peintes sur place dans un petit musée bien illustré et qui pour une fois propose un éclairage adapté  - exposition jusqu’au 23 juillet ;
  • et un parc superbe, où à tout instant semble flotter l’esprit de Seurat… Seul inconvénient mineur : la proximité sonore d'Orly…

Site

Thierry Vagne - 11/6/2014

 

La  ruée vers l’art - Un  film de Marianne Lamour
Ecrit par Danièle Granet et Catherine Lamour
Synopsis : L’irruption et la puissance de nouveaux collectionneurs hyper milliardaires ont bousculé un marché de l’art contemporain jusque-là orchestré par un petit réseau de professionnels. De nouveaux gisements artistiques, de nouveaux artistes à vocation mondiale, des montants financiers démesurés sont les fruits d’une spéculation intense :
Quels en sont les véritables enjeux ? Qui en sont les acteurs ? Quelle place pour la créativité des artistes ?
De New York à Hong Kong, de Singapour à Miami, de Shanghai à Doha en passant par Bâle et Venise, la réalisatrice Marianne Lamour et les auteures, Danièle Granet et Catherine Lamour, sont parties à la découverte de ce monde en pleine mutation vers une nouvelle société de l’Art globalisé sans en cacher ni les outrances, ni les errements.
Ce qu’en pensent les critiques : - Studio Ciné Live : 3 étoiles : Une enquête passionnante aux quatre coins du monde. - Le Point : Surprenant et exaltant ! - Le Figaro : 3 étoiles : le film a le mérite d’apporter une distance critique et de permettre une certaine liberté de regard. 
Cinéma l'Arlequin Majestic Bastille

Hélène Queuille - 19/10/13

 

Odilon Redon - Fondation Beyeler
Odilon Redon (1840-1916) est l'un des artiste les plus intéressants du modernisme émergeant. Il est un pont entre le 19e et le 20e siècle. Protagoniste important du symbolisme français, ses œuvres se situent entre tradition et innovation.
L'exposition de la Fondation Beyeler présente des pièces majeures qui se concentrent sur un Redon comme précurseur de l'art moderne et de sa dimension avant-gardiste. Elles sont caractérisées par des contrastes, reflétant une palette ambivalente, énigmatique, évoluant du noir de ses premiers dessins au charbon et des lithographies jusqu'au coloris explosifs des derniers pastels et tableaux.
Toute son œuvre alterne entre étrangeté surnaturelle et sérénité, engendrant de bizarres monstres aussi bien que des créatures célestes, se plaçant entre rêves et cauchemars, nature et imagination.

Fondation Beyeler Jusqu'au 18 mai
Dr Raymond C. Benoit (21/3/14)

 

 Les « Festivals Cantabile » du Théâtre Adyar

 Parmi les rares lieux de musique classique parisiens de la rive gauche, le Théâtre Adyar offre un écrin idéal à la musique de chambre. Chargé de mémoire, intimiste, (390 places), il s’avère on ne peut plus propice à la complicité musicale, entre instrumentistes certes mais entre la scène et l’auditoire également. Intégrale Brahms et ciné-concert (8 et 9 février 2014).

Le Festival des 8 et 9 février permettra à ceux qui ne la connaîtraient pas encore de découvrir dans les meilleures conditions l’atmosphère chaleureuse et amicale de la série Cantabile. Précédée d’une présentation et ouverte par une création de Rodolphe Bruneau-Boulmier, la soirée du samedi rassemble les trois Trios avec piano de Brahms, interprétés par Amaury Coeytaux, Raphaël Perraud et Geoffroy Couteau. La Saison Cantabile se veut aussi lieu de dialogue entre les arts. Tandis que la plasticienne Sandra Lévy présente une exposition « Dessin et Musique » durant tout le week-end, le concert de dimanche comble mélomanes et cinéphiles puisque Thierry Escaich improvise au piano sur le légendaire film L’Aurore de Murnau.
Thierry Vagne
 Lien

Elena Bashkirova - Salle Pleyel - Lundi 10 mars 2014 à 20h

 Formée au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, dans la classe de son père Dimitri Bashkirov, Elena Bashkirova s’inscrit dans la plus belle tradition du piano russe et la critique s’accorde pour saluer sa riche palette sonore et son inépuisable imagination poétique.

Après deux Liszt célèbres (Vallée d’Obermann, 1ère Légende), Elena Bashkirova jouera l’Humoresque op. 20, autoportrait musical contrasté où Schumann se livre avec lyrisme et feu. Toute dédiée à la musique russe, la seconde partie de soirée permettra de découvrir l’étonnante et inclassable Sonate n° 5 de Galina Ustvolskaya (1919-2006), avant que l’interprète ne retrouve un recueil parmi les plus chers à son cœur : Les Saisons de Tchaïkovski. Choix symbolique, cet opus referme de la plus poétique manière le premier récital parisien d’une grande pianiste.
Thierry Vagne
Lien

Radio Trenet

Ce spectacle musical retrace la vie et les années bonheur chantées par Charles Trénet. Les chansons sont interprétées ici par Jacques Haurogné - tout a fait dans le ton, et dans un décor d'époque d'avant les radios  nationales, au début de la réclame chantée.
Spectacle à ne pas rater si l'on est un admirateur du "fou chantant".

Vingtième Théâtre - jusqu'au 16 février
Du mercredi au samedi à 21h30 et le dimanche à 17h30 mardi 31 décembre à 21h30 (relâches 8, 11, 12 et 13 décembre - 1er et 9 janvier) - Site

Marie Clairotte (10/12/13)

 

 

 



Zelda et Scott

Tous ceux qui ont vu le film « The artist » se souviennent du charleston endiablé dansé à la fin du film par ses deux protagonistes, je pense qu’on ne peut pas oublier non plus celui dansé par Sara Giraudeau au début de « Zelda et Scott ». Cette comédienne est, pour moi, l’une des meilleures de notre époque et ce spectacle ne fait que le confirmer.
Le premier acte met en scène une Zelda légère comme une bulle, fantasque, étourdie, farfelue. Au deuxième acte, elle est amère, aigrie, méchante même. La fin nous la montre enfoncée dans la folie, rejoignant le monde des chimères qu’elle n’avait jamais vraiment quitté.
Si Sara Giraudeau, à elle seule, vaut le déplacement, j’ajouterai que la pièce est bien construite, les décors soignés et que les autres interprètes ne déméritent pas. Il ne faut d’ailleurs pas oublier les trois bons musiciens de jazz qui ont été aussi très applaudis.

Théâtre La Bruyère - du mardi au samedi à 21h - matinée samedi à 15h - Site

Marie-José Sélaudoux


Hiramatsu, le bassin aux nymphéas - Hommage à Monet

L’exposition réunira une trentaine d’œuvres du peintre japonais Hiramatsu Reiji, présentées pour la première fois en France, complétée par une sélection d’estampes japonaises de la collection de Claude Monet et d’œuvres de ce dernier.
Monet fut influencé par les peintres asiatiques, Hiramatsu Reiji (1941*) s’inspire de Monet tout en réinterprétant les classiques japonais.
Certains tableaux et paravents sont des chefs d’œuvre qui marquent durablement le visiteur par leur rigueur, leur harmonie de couleurs et l’impression de mouvement engendrée par de subtils arrangements de plans. Comme pour accompagner l’exposition, les superbes dahlias du jardin sont encore en fleur…

 

Musée des impressionnismes - Giverny - Jusqu’au 31 octobre - Tous les jours de 10h à 18h. Site

Thierry Vagne


 

Les nouveaux chiens de garde - Film de Gilles Balbastre et de Yannick Kergoat - 2012

Pour mieux comprendre notre espace médiatique en France - son discours dominant, son manque de pluralisme et d’indépendance- « Les Nouveaux chiens de garde », film de Gilles Balbastre et de Yannick Kergoat, mérite le détour, que l’on soit de droite, du centre ou de gauche. Surtout dans notre vénérable démocratie, plongée dans une nouvelle campagne électorale, avec une moitié des Français qui s’informe encore uniquement par la télévision.
Ce pamphlet, très documenté et rythmé, est le fruit d’un travail collectif de militants de gauche, influencés par Pierre Bourdieu et par Serge Halimi. Il résulte d’une initiative d’un petit producteur, Jacques Kirchner (JEM Productions), qui n’a pu bénéficier d’aucune des aides publiques au cinéma et qui a donc financé cette œuvre, durant trois ans, sur ses fonds propres (environ 1 million d’euros dont la moitié consacrée à l’achat d’archives télévisées). Yannick Kergoat, coanimateur du site d’observation des médias Acrimed, s’est félicité que son documentaire ait réussi à dépasser cent mille entrées en France, fin janvier 2012.
Dérangeant pour les journalistes (presque habitués à être critiqués, toujours et de plus en plus), ce film illustre, de manière polémique, les rapports de grands médias, surtout télévisuels, avec certains groupes industriels. Il ridiculise, preuves à l’appui, le ronron intellectuel alimenté par des experts manifestement faillibles (et ce sont toujours les mêmes). Il relève une certaine « consanguinité entre l’élite du journalisme et les pouvoirs politiques et économiques », a expliqué Kergoat au cinéma parisien L’Escurial, devant une salle comble, fin janvier 2012. Et cet infatigable militant de l’esprit critique a asséné, devant un public conquis : « Il faut travailler au pluralisme … Il faut se battre pour conserver la neutralité du Net… Il faut payer une Info de qualité… Il faut être capable d’aller trouver l’Info dont on a besoin… ».
Ce film s’inspire du livre de Paul Nizan, « Les chiens de garde », dénonçant, en 1932, des philosophes et des écrivains qui s’imposaient en gardiens de l’ordre établi, sous couvert de neutralité intellectuelle.
Néanmoins, des journalistes d’investigation s’efforcent de chercher et de fournir des Informations substantielles, dans un souci de déontologie et de pluralisme, malgré des conditions de travail précaires, stressantes et conflictuelles. Le citoyen français ne devrait-il pas davantage les lire et les soutenir ? D’un œil toujours critique, certes. Site
Haut de page - TopMarie-France Blumereau-Maniglier (13/2/2012)

 


Chagall, entre guerre et paix

L’exposition Chagall au Musée du Luxembourg montre, avec une centaine de pièces très judicieusement choisies, le caractère autobiographique de son œuvre. Au travers de ses tableaux transparaissent son expérience de l’Histoire, ses émotions, ses souvenirs, ses rencontres, ses croyances…
Même s’il emprunte certaines formes aux mouvements cubistes, surréalistes ou suprématistes, il garde son propre style influencé par sa culture russe et juive.
La superbe scénographie, construite selon un plan circulaire, est en parfaite adéquation avec la récurrence de certaines thématiques telles celles de sa ville natale Vitebsk, des traditions juives, des épisodes bibliques, ou encore de la figure du couple.
Le parcours démarre avec un autoportrait en 1914, date de déclaration de la première guerre mondiale, et illustre quatre moments clefs de la vie de Chagall. « La Russie en temps de guerre » où l’artiste rend compte de la réalité violente dans ses tableaux. De superbes encres sur papier, très expressives, et le chef-d’œuvre de l’exposition « le rabbin de Vitebsk » représentent l’environnement de son enfance. « L’entre-deux-guerres» est consacré à l’illustration de différents livres dont la Bible où les superbes gouaches se réduisent aux protagonistes du récit qui sont traités de façon monumentale. « L’exil aux Etats-Unis » correspond à sa période la plus sombre avec les guerres, villages en flammes, persécutions qui hantent ses tableaux. Le thème de la crucifixion, symbole de souffrance humaine, s’impose à lui. Enfin « L’après-guerre et le retour en France » permettent à l’artiste de prendre de la distance avec le passé. Il se consacre à de grands cycles, la découverte de nouvelles techniques (vitrail, mosaïque, céramique…) dans des tonalités expressives et une grande luminosité. Dans les dernières œuvres, tout son univers est à nouveau présent dans un hymne à la liberté et à la vie.
C’est avec un réel plaisir que l’on découvre ou retrouve ces œuvres prêtées par les musées de Paris, Nice, New York, Stockholm, Moscou mais également de nombreuses pièces issues de collections particulières.
Site

Musée du Luxembourg - Jusqu’ au 21 juillet 2013
19 rue de Vaugirard
75006 Paris

Sylvie Fontaine
(28/02/2013)



Bêtes de sexe, la séduction dans le monde animal />

Vous entrez dans la salle, et vous vous trouvez nez à nez avec un couple de gorilles copulant à qui mieux mieux ; et à de multiples images murales représentant des couples dans la même occupation. Vous vous sentez égrillard ! Vous pensez que vous allez en voir des vertes et des pas mûres !! Erreur : vous allez recevoir la plus belle et la plus complète leçon de "sciences naturelles".
Conçue par des conservateurs du Musée de Londres, des biologistes, des experts du comportement animal… En partant, vous connaîtrez les espèces qui s'accouplent pour le plaisir, pour la reproduction, sans intérêt pour ce qui adviendra ou qui tuent l'un des sexes parce qu'il n'est pas indispensable… Vous croiserez la mante religieuse ; le lapin blanc, etc. Une leçon conçue pour publics de 7 ans (et moins) à 77 ans (et bien plus !).
Site

Palais de la découverte : Jusqu'au 25 août 2013.
Tél : 08.99.10.39.09. Mardi/Samedi : 9h30/18h. Dimanches et fêtes : 10h/19h.
Jeanine Rivais (14/12/2012


La folle de Chaillot

Pour le centenaire de la création des théâtres des Champs-Elysées, voici dix-neuf comédiens mis en scène pour nous divertir avec « La folle de Chaillot ».
Dans le rôle de la comtesse Aurélie, Anny Dupeyrey mène la danse avec son autorité, sa malice et son charisme habituels. Les trois autres folles, surtout Catherine Salviat (la folle de St Sulpice) et Catherine Hosmalin (la folle de Passy), Fabienne Chaudat (la folle de la Concorde) n’arrivant que plus tard, évoluent dans le monde imaginaire que chacune s’est créé. N’en faisons-nous pas tous autant ? L’essentiel est d’y croire. Dominique Pinon se glisse avec son talent habituel dans la peau du chiffonnier. Les costumes sont très réalistes et ceux des quatre folles atteignent un sommet de cocasserie et d’invention.
Chacun trouvera ce qui lui convient dans cette fable poétique : critique du profit à tout prix, éloge de l’écologie… Personnellement je dirais que les fous ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

La folle de Chaillot
Comédie des Champs-Elysées
Juqu'au 30 juin 2013 - Tous les jours (sauf lundi) : 20h30 - Dimanche : 16h
Site
Marie-José Sélaudoux (20/3/2013)


Cabaret Boris Vian

Voici une soirée "Cabaret Boris Vian", pleine de gouaille et amusante, à la Comédie-Française! A l'affiche en janvier 2013 au théâtre éphémère, puis en mai et en juin 2013 au studio-théâtre, quatre talentueuses comédiennes, accompagnées par un excellent pianiste, Osvaldo Calo, se déchaînent sous la direction de Sylvia Bergé, également sur scène.
Le rythme est enlevé, les jeux de scène comiques et/ou sexy. L'élocution impeccable et l'expressivité habile compensent la musicalité inégale des voix, pour les mélomanes très avertis.
Ces quatre collègues, mutines à souhait, jeunes et moins jeunes, réinterprètent des chansons françaises du XXe siècle, signées Queneau ("si tu t'imagines"), Mistinguett ("en douce"), Ferrat ("les demoiselles de magasin"), Boris Vian (fais moi mal Johnny), Mac Orlan (les progrès d'une garce), Gainsbourg (strip tease), Mireille, Michel Emer, Brigitte Fontaine, Brassens, Les Parisiennes, etc. A leur menu, figurent ainsi 24 chansons, pleines d'humour et d'expressions populaires, parfois démodées, comme "la fraîche" au lieu du fric. De quoi faire sourire et rire plusieurs générations, face à cet esprit libertin et insolent, un brin romantique, qui serait encore assez français.
Ce théâtre éphémère en bois de 750 places fait l'objet d'un appel d'offres pour une "deuxième vie" en province, a indiqué Muriel Mayette, administratrice de la Comédie-Française, sur France Inter, le 25 janvier 2013. Elle s'exprimait la veille de la réouverture de la salle Richelieu, rénovée pendant un an (avec du mécénat). Il aura coûté plus de 2 millions d'euros, pour 500 représentations. Le studio-théâtre (160 représentations par an, 150 places) devient éphémère lui aussi avec un autre projet de salle à la Bastille. Ca bouge à la maison de Molière !

Cabaret Boris Vian - Comédie-Française
Du 23 mai au 30 juin 2013
Site
Marie-France Blumereau-Maniglier (24/1/2013)


 

L’arbre qui ne meurt jamais

Neuilly-sur-Seine s’est doté d’un nouveau centre culturel et artistique, le Théâtre des Sablons, depuis janvier 2013. Ce superbe espace présente sa première exposition d’art contemporain sous le titre de « L’arbre qui ne meurt jamais ».
L’arbre, symbole de vie, de verticalité, d’immortalité, unissant monde souterrain et monde céleste, constitue pour l’art contemporain un large répertoire de formes et de récits. C’est au travers d’une quarantaine d’artistes qu’il est ici proposé de suivre cet itinéraire onirique et mystérieux décliné en trois temps, à l’image du cycle de la vie.
« L’arborescence » illustre la création de paysage réel ou imaginaire avec parmi tant d’autres, les œuvres de D. Nash où la croissance de l’arbre est prolongée, M. Raysse et sa pièce distanciée et humoristique, K. Boch questionnant la notion de territoire et de paysage, C. Beau bousculant nos repères spatio-sensoriels.
« Métamorphoses » regroupe des œuvres qui font apparaître des analogies entre figure de l’arbre et figure humaine avec B. Bien-U et ses sous-bois comme lieux de méditation et source d’énergie vitale, B. Toguo questionnant les domaines du religieux et du mystique, J. Perez et ses aquarelles aux formes hybrides.
Enfin, « La résilience » célèbre le renouvellement permanent de la nature et l’interaction entre l’homme et cette dernière avec notamment la vidéo de V. Yassef et J. Crépieux dénonçant la surexploitation du bois dans une action absurde, T. Kawamata et sa réflexion sur l’espace architectural, P. Convert avec des souches brûlées réminiscence de la souffrance humaine, et enfin la très poétique allégorie du végétal de S. Rousseau.
Une cinquantaine d’œuvres ponctuent ce parcours riche et varié montrant comment l’arbre a suscité l’intérêt des artistes tout au long du XXème siècle et encore actuellement avec une réinvention permanente de nouvelles formes et au travers de différents mediums.

Théâtre des Sablons
62-70 avenue du Roule
92200 Neuilly-sur-Seine
Jusqu'au 30 juin 2013
Site
Sylvie Fontaine (02/5/2013)


Julio Le Parc au Palais de Tokyo
Julio Le Parc, figure de référence de l’art cinétique et de l’art optique, bénéficie pour la première fois en France d’une exposition monographique au Palais de Tokyo.
Resté insensible aux pressions des différents courants artistiques durant toute sa vie, il a influencé de nombreux artistes contemporains tels James Turrell, Olafur Eliasson, Antony McCall, Ann Veronica Janssens ou même Anish Kapoor. Arrivé en France en 1958, il se détourne de la peinture en 1960, participe à la fondation du G.R.A.V. (Groupe de recherche d'art visuel) pour se concentrer principalement sur le matériau « lumière ». En 1966, c’est la révélation de l’art luminocinétique avec le grand prix international de la peinture qui lui est attribué à la Biennale de Venise. Ses sculptures sont faites de lumière et de mouvement et les projections de rayons lumineux enveloppent le spectateur qui perd la notion de l’espace. A partir des années 80, on assiste à une résurgence de la peinture dans ses « modulations » et «alchimies » avec des œuvres très colorées faites de spirales et courbes.
Il est le maître incontesté de l’illusion optique et déclare : « par mes expériences, j’ai cherché à provoquer un comportement différent du spectateur… » La magnifique rétrospective qui se déploie sur 2000m2, permet au visiteur d’appréhender toutes les facettes de ses recherches : les alchimies aux véritables explosions de couleurs, les contorsions où des cercles métalliques se déforment et créent un trouble visuel hypnotique, les labyrinthes à lames réfléchissantes où le spectateur se trouve face à son image fractionnée et démultipliée, les pièges à lumières et enfin deux gigantesques mobiles sous forme de sphères constituées de plaques de plexiglas réfléchissant la lumière à l’infini… Enfin, la dernière salle transforme le regardeur en maître d’œuvre. A vous de découvrir ou redécouvrir le travail de cet artiste de 84 ans visionnaire et toujours très actuel.
Site

Palais de Tokyo - Jusqu’au 13 mai 2013
13 avenue du Président Wilson 75016 Paris .
Sylvie Fontaine (28/02/2013)


Jeu de Paume : Adrian Paci, « Vies en transit » & L. Albin Guillot, « L’enjeu classique »

Le Jeu de Paume, consacré principalement à la découverte des grandes figures du XXème et XXIème siècle dans le domaine de la photographie et de la vidéo, nous propose la première rétrospective en France de l’artiste albanais Adrian Paci. C’est l’occasion de découvrir des œuvres très diverses, produites entre 1997 et 2013, avec des photographies et des vidéos mais également des peintures, des installations…
Après une formation classique aux Beaux-arts en Albanie, il fuit la guerre civile en 1997 pour se réfugier en Italie avec sa famille. Ses premières vidéos sont inspirées de son expérience de l’exil, de son vécu. L’artiste s’en détache peu à peu pour parler de l’histoire collective et aborder les problèmes existentiels et sociétaux de notre époque. Ces questions de déplacement, d’identité culturelle, de mondialisation apparaissent en filigrane dans des vidéos traitées de façon très poétique, où la réalité se confond avec la fiction. Sa formation de peintre transparait dans les jeux d’ombre et de lumière, dans les plans fixes et son attrait pour le portrait.
Réalisée à l’occasion de l’exposition, la vidéo « The column » est une réflexion sur notre monde globalisé et la notion de rendement qui devient prétexte à un voyage poétique entre Orient et Occident… Immersion vivement conseillée dans ces moments de transition si subtilement mis en images…
Vous pourrez également découvrir au rez-de-chaussée le travail de L. Albin Guillot, photographe dès le début des années 20. Regard pertinent sur une artiste dont le style classique est à contre courant des avant-gardes de l’époque et qui questionne la place de la photographie dans le marché de l’art.
Site

Jeu de Paume- Concorde - Jusqu’au 12 mai 2013
1, place de la Concorde
75008 Paris .
Sylvie Fontaine (28/02/2013)


Collaboration de Ronald Harwood

Ce mot sonne désagréablement à nos oreilles, mais il s’agit ici d’une collaboration intellectuelle.
Richard Strauss (Michel Aumont) est un compositeur fêté ne vivant que pour transcrire la musique qui bourdonne dans sa tête. Ce qui se passe autour de lui ne l’intéresse pas vraiment et il s’accommode du régime politique en vigueur. Nous apprendrons peu à peu qu’il a adopté un profil bas pour ne pas mettre en péril sa belle-fille juive et ses petits-enfants. Il demande à Stefan Zweig (Didier Sandre) d’écrire le livret de son opéra « La femme silencieuse ». Zweig, ce grand Européen qui souffre de voir son pays sombrer dans la folie nazie, acceptera finalement de travailler pour Strauss.
« La femme silencieuse » sera un triomphe, mais très vite déprogrammée, car Strauss avait refusé qu’on enlève le nom de Zweig de l’affiche. La pièce se termine par le suicide de Zweig avec sa femme en 1942 au Brésil, où il avait fui les persécutions antijuives, et par la commission de dénazification devant laquelle comparaît Strauss en 1948.
Voici un spectacle intéressant, évidemment très bien incarné par les deux têtes d’affiche masculines, mais aussi par Christiane Cohendy (l’épouse de Strauss) dont l’humour et la finesse éclairent l’intrigue et par la jeune Stéphanie Pasquet (la secrétaire, puis 2e femme de Zweig) qui joue avec beaucoup de naturel et de sobriété.

Collaboration de Ronald Harwood
Théâtre de la Madeleine
Site
Marie-José Sélaudoux (17/2/2013)

 

Collection de Howard Greenberg

La Fondation Henri Cartier Bresson présente la superbe collection privée du galeriste new yorkais Howard Greenberg avec une centaine de photographies en noir et blanc. Il s’agit ici d’un magnifique poème visuel avec des images qui se répondent et où chaque tirage est un émerveillement. Ce collectionneur choisit systématiquement « le bon tirage de la bonne image trouvée au bon moment » et nous montre son musée idéal construit patiemment tout au long de sa vie.
H. Greenberg passionné de photographie dès son plus jeune âge, avait souhaité devenir photographe lui-même mais, éconduit par un galeriste, il devint marchand et collectionneur et de ce fait l’un des piliers de la scène new yorkaise.
Des modernistes de l’école tchèque, en passant par les humanistes ou encore les maîtres américains, il montre son intérêt pour les gens, la forme mais aussi l’architecture et l’abstraction. Dans une ode à l’Amérique, se succèdent des photographies iconiques mais aussi des images de photographes inconnus du public. C’est avec un immense plaisir que l’on parcourt cette exposition au caractère intimiste, dans un accrochage soigné, et qui retrace une petite histoire de la photographie américaine.

La Fondation HCB propose un cycle de Conversations, conférences bimestrielles autour de la photographie, menées par Natacha Wolinski, critique d'art. Mercredi 20 mars 2013 de 18h30 à 20h: Tirages post-mortem, quels enjeux, quelles pratiques?

Fondation Henri Cartier-Bresson
2, Impasse Lebouis, 75014 Paris
Jusqu’au 28 avril 2013

Site
Sylvie Fontaine (13/3/2013)


The Museum of Everything

Plus que quelques jours pour découvrir l’incroyable exposition du « Museum of everything » organisée par la Chalet society – centre d’art itinérant créé par l’ancien directeur du Palais de Tokyo, M.O Wahler.
Dans une ancienne école du 7ème arrondissement, sur 3 étages, se succèdent salles de classes et longs couloirs où sont accrochées 500 œuvres d’artistes « outsiders » du 19ème siècle à nos jours. Ces artistes, le plus souvent autodidactes et non reconnus de leur vivant, parfois internés, et toujours en marge de tout système et du marché sont « des gens créatifs qui ont quelque chose à dire dans différents domaines » selon M.O.W.
Poétique, émouvant, parfois surprenant, de nombreuses œuvres ont influencé des figures majeures de l’art contemporain. Vous aussi, laissez vous surprendre par cette grande diversité de témoignages sous forme de peintures, dessins, sculptures, installations qui envahissent salles de classe, escaliers, douches dans une scénographie qui n’a rien laissé au hasard… A ne pas manquer ! Sylvie Fontaine

Chalet Society
14 boulevard Raspail 75007 Paris
Jusqu’au 31 mars 2013
mercredi, jeudi - 11h00 à 19h00
vendredi, samedi, dimanche - 11h00 à 20h00
Site
Sylvie Fontaine (04/3/2013)

 

« Le collectionneur », Marc Bauer

Le Centre culturel suisse présente la première exposition monographique à Paris de l’artiste suisse Marc Bauer. Ancien élève de l’artiste Luc Tuymans, il s’intéresse comme lui à la question du souvenir et travaille de mémoire d’après des photographies d’archives. Le dessin reste son medium de prédilection car il en apprécie la lenteur de l’exécution et l’effacement possible de la même façon que dans le souvenir ; effacement par soustraction du trait à la gomme, dans une sorte de « floutage mémoriel ».
Différentes temporalités transparaissent, avec certains éléments de la Grande histoire superposés à d’autres de la sphère privée et intime de l’artiste, tout en laissant une lacune ou un espace vide pour que le spectateur puisse s’infiltrer. Certaines images sont accompagnées de bribes de textes qui leur donnent une autre dimension. Le sujet des dessins, banal au premier abord, ne laisse supposer une certaine violence qu’au travers de son contexte.
Dans le bel espace du Centre culturel suisse, c’est un point de vue sur la collection qui nous est proposé avec une confrontation de dessins intimes, où le regardeur est obligé de s’approcher pour en saisir les détails, et de dessins muraux monumentaux qui mettent au contraire le spectateur à distance. Pour cette exposition, l’artiste s’intéresse à la période historique de la « France sous l’occupation » et plus encore à la spoliation des biens dans les années 40. L’Histoire est ici considérée comme « matrice à narration » selon M.Bauer.
Passionné de cinéma, il a également réalisé un film d’animation, « l’architecte », à partir d’une centaine de peintures en noir et blanc sur plexiglas, retraçant la vision prémonitoire d’un garçon lors de la projection du film « Nosferatu » de Murnau. Ce film est mis en musique par le groupe rock Kafka. Ne manquez pas sa prochaine projection accompagnée par le groupe Kafka à 20h le 13 avril.

Centre culturel suisse - Jusqu’au 14 avril 2013
32-38, rue des Francs-Bourgeois - 75003 Paris

Site
Sylvie Fontaine (13/3/2013)

 

Attention, maîtres chanteurs !

Si vous avez aimé « Les aventures de la diva et du toréador », vous vous êtes certainement précipités pour voir « Attention, maîtres chanteurs ! », mais si vous ne connaissez pas encore le talentueux couple Raphaëlle Farman (soprano) / Jacques Gay (baryton) dans leurs aventures musicales et comiques, il est encore temps de les découvrir. Si vous êtes d’humeur sombre et mélancolique, il est alors urgent d’aller faire une cure d’optimisme au théâtre La Bruyère.
J’ai vu deux fois ce spectacle et en suis revenue enthousiaste chaque fois.

 

 

 

Attention, maîtres chanteurs ! - Théâtre La Bruyère
5 Rue la Bruyère, 75009 Paris - Jusqu'au 17 mars
Site
Marie-José Sélaudoux (24/1/2013)


L'art en guerre (1938-1947), de Picasso à Dubuffet

La première guerre mondiale avait durement écorné la liberté créatrice, s'en prenant au Cubisme, aux ballets russes… prônant le "Retour à l'ordre".
La Seconde Guerre fut d'une cruauté, d'une violence inouïe à l'égard des artistes qui se refusèrent à adopter les idées vichystes puis nazies. Les uns furent internés en France dans de terribles camps ; les autres furent envoyés en camps de concentration où beaucoup moururent. Certains s'échappèrent en zone libre ; émigrèrent aux Etats-Unis, s'exilèrent dans leur atelier pour y créer leurs chefs-d'œuvre… Tous furent considérés comme des "résistants". Cette exposition trace toutes ces possibilités, fournit des documents d'époque, des affiches, des poésies, etc. A voir absolument.

Jeanine Smolec-Rivais (14/12/2012)


Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus

Qui n'a pas encore vu "Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus"? Le 26 janvier 2013, c'est la dernière à Paris, prévient Paul Dewandre. L'entrepreneur belge reconverti en spécialiste des relations humaines affiche à son compteur plus de 1 200 représentations théâtrales de son one man show sur les comportements différents des hommes et des femmes et sur les stratégies à adopter. Voici de quoi, à mon avis, compléter une psychothérapie de couple avec le sourire, ou réviser ses classiques par ces temps de ruptures et de rencontres plus ou moins internet, ou prendre quelques bonnes résolutions (en amour, voire au travail) en 2013.
Avec une bonne dose de pragmatisme et d'autodérision -comme tout Belge qui se respecte- ce quinqua agile, débonnaire et dégarni virevolte en blouse blanche pour comparer des généralités sur le comportement masculin et féminin, avec force exemples concrets et interactivité avec son public. Il livre ses considérations sur le sexe à la fin, en toute simplicité, comme promis, en omettant toute question religieuse et politique. Ancien créateur d'une compagnie aérienne à Liège, Paul Dewandre, 50 ans, s'enthousiasme en 1996 pour le best seller de John Gray "Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus". Il se forme sur les différences hommes - femmes, fonde les ateliers "Mars-Vénus" en 1998, organise formations et conférences. A Marseille - près d'Aix-en-Provence où il a posé les bagages de sa famille- il se lance au théâtre pendant quatre soirs. Le succès dure...
En 2013, sa tournée en France, en Suisse et en Belgique s'achève à Biarritz le 8 juin. Il projette une suite à cette longue aventure théâtrale. Question à l'intention des absents : attribuer à l'homme et à la femme ces deux séries de mots clés: compétence, séquentiel, résoudre les problèmes seul, rationnel / relation, multitâches, parler problèmes, émotionnel.
Marie-France Blumereau-Maniglier (05/1/2013)


Intelligentsia

Si vous êtes intéressés par les contacts qu’ont eus certains intellectuels français avec l’URSS entre les deux guerres, je vous conseille l’exposition « Intelligentsia » qui est installée à l’Ecole nationale des beaux-arts, 13 quai Malaquais, Paris 6e jusqu’au 11 janvier (du mardi au dimanche, de 13h à 19h). Vous y retrouverez A. Gide, bien entendu les couples Sartre- de Beauvoir et Aragon-Triolet, Romain Rolland, qui, comme Aragon, avait épousé une Russe, et bien d’autres noms connus. Leurs réactions, très différentes, au retour de cette Russie « à la Potemkine » sont fort intéressantes. Certains ont soutenu leurs confrères persécutés en U.R.S.S. Parmi ces derniers, plusieurs ont trouvé un refuge en France, par exemple Siniavski. L’exposition a bénéficié de l’ouverture des archives de la fédération de Russie.

Marie-José Sélaudoux (14/12/2012)


Du côté de Jacques-Émile Blanche

La Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent consacre sa 18ème exposition au peintre Jacques-Émile Blanche (1861-1942).
Portraitiste célèbre de la fin du XIXème siècle, il a fréquenté dès son plus jeune âge les figures artistiques les plus emblématiques de son temps.
L’exposition se concentre sur sa période d’avant 1918 en réunissant plus de soixante-dix oeuvres du peintre dans un décor Belle Époque où l’on croisera Proust, Gide, Rodin, Cocteau, Debussy, Stravinsky, Degas, Mallarmé, Louÿs, Claudel…


Thierry Vagne (01/12/2012)


La fondation Hartung-Bergman

Située dans le domaine construit par les artistes, la Fondation Hartung-Bergman a pour objet premier d'assurer la conservation et la connaissance des œuvres de Hans Hartung (1904-1989) et d'Anna-Eva Bergman (1909-1987).

La fondation accueille un maximum de 30 visiteurs le vendredi à 14h.
Outre la visite des blancs locaux cachés en bordure d'Antibes, deux conférenciers présentent les deux artistes, les illustrant avec les œuvres disponibles à ce moment.

L'occasion de découvrir le talent trop méconnu de la compagne d'Hartung, la norvégienne Anna-Eva Bergman, qui a réalisé de nombreuses œuvres d'une grande sensibilité dans leur minimalisme.

Site

Fondation Hartung Bergman
173, chemin du Valbosquet
06600 Antibes
Tél. : 04 93 33 45 92
Thierry Vagne (20/8/2012)


La Solitude du Coureur de Fond

Mise en scène par Patrick Mons de la nouvelle d'Alan Sillitoe - traduction François Gallix avec Esaïe Cid (saxophone) et Patrick Mons - mise en images : David Cid - mise en lumières : Yann Lebras - mise en son : Guillaume Billaux - musique de Art Pepper.

Colin Smith, enfermé en maison de correction, est choisi pour représenter l'institution lors d'une compétition de course de fond. Mais le jeune athlète n'est pas dupe de l'intérêt qu'aurait le directeur à en faire un exemple de réhabilitation. Le comédien court sur scène et le saxophoniste enroule le rythme de sa foulée.
Une surprenante création vidéo nous plonge au coeur de la pensée naissante de Colin Smith. Une réflexion vivante et révoltée autour du rejet de la bienséance et du culte de la performance, sur la musique de Art Pepper. Toute la pièce se déroule le temps d'une course... théâtre / jazz / course à pied...
Premier rendez-vous et rencontre avec le public pour un projet de création 2013.
François Gallix (14/12/2012)


« José María Sert, le Titan à l’œuvre (1874-1945) » - Petit Palais

Il est rare de lire des récits sur la vie parisienne du début du 20e siècle jusqu’à la 2e guerre mondiale sans rencontrer le nom des Sert, spécialement celui de Misia Godebska, d’abord mariée à Thadée Natanson, fondateur de La Revue blanche, puis au richissime homme d’affaires Alfred Edwards et ensuite au peintre catalan José-Maria Sert, dont elle gardera le nom même après en avoir divorcé. L’exposition que le Petit Palais consacre au peintre-décorateur José-Maria Sert se terminera le 5 août, mais explique fort bien les différentes méthodes employées par le peintre pour mener à bien ses grandes peintures décoratives. Elle évoque aussi la vie personnelle de l’artiste.
En complément, si vous grimpez jusqu’à l’étage des impressionnistes du Musée d’Orsay, vous trouverez jusqu’au 9 septembre une exposition dédiée à Misia. On trouve là ses portraits faits par Renoir, Bonnard, Vuillard, Vallotton, Toulouse-Lautrec…, des photos, des lettres. On comprend l’appellation de l’exposition « Misia, reine de Paris ». Elle avait un instinct infaillible pour s’entourer des talents les plus brillants. Elle jouait fort bien du piano et avait été l’élève de Gabriel Fauré, Ravel lui avait dédié « Le cygne » et « La valse ». Misia fut amie de Diaghilev et « marraine » des ballets russes.
Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte.
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Marie-José Sélaudoux (19/6/2012)


« Les Maîtres du désordre » - Musée du quai Branly

L’exposition « les Maîtres du désordre », dont le commissariat est assuré par Jean de Loisy, a pour propos d’évoquer le chamanisme, d’un continent à l’autre, depuis l’antiquité égyptienne jusqu’à nos jours. La tension entre ordre et désordre a existé de tout temps et paraît indispensable à l’équilibre de l’univers. Monde traditionnel de la magie des intercesseurs, maîtres du désordre, et monde des arts plastiques se rencontrent au travers de trois cents objets ethnologiques fascinants qui côtoient les installations d’une vingtaine d’artistes contemporains. « Les artistes d’aujourd’hui sont de véritables anthropologues qui examinent la structure de la société et en font éclater la grammaire coercitive des formes et des beautés convenues » selon Jean de Loisy. Le spectateur est invité à déambuler à l’intérieur d’un « serpent cosmique », architecture réalisée par Jakob+MacFarlane, comme dans un voyage initiatique dans les entrailles du monde. Le parcours se déroule en trois parties : le désordre du monde, la maîtrise du désordre et la catharsis.
Dès le début de l’exposition, l’artiste suisse T. Hirschorn saisit le chaos du monde dans lequel nous vivons et l’illustre superbement avec son installation « Outgrowth » constituée de globes terrestres tuméfiés, en souffrance. Face à ces tumultes, l’homme fait appel aux divinités et s’entoure d’effigies protectrices.
A vous de découvrir comment maîtriser ce désordre grâce aux intercesseurs, médiateurs à la frontières du monde des vivants et des morts, du végétal et de l’animal, du visible et de l’invisible…
Et même si le désordre est le mot d’ordre de cette exposition, il nous emporte dans un voyage extraordinaire à travers les temps et les civilisations.

Sylvie Fontaine (20/5/2012)


Maurice Denis - "L'éternel printemps" - Musée des impressionnistes - Giverny

S'il vous prend l'envie d'aller (re)voir la maison, les estampes et le jardin de Monet à Giverny (dépêchez-vous, c'est encore la pleine saison des centaines d'iris et des dizaines de pivoines...), n'hésitez pas à faire un tour au Musée des impressionnistes.
Ce très agréable musée consacre une exposition aux œuvres du "Nabi" Maurice Denis sur le thème du printemps : chrétienté, vie, amour...
Ce n'est certes pas une grande rétrospective de cet ami du compositeur Ernest Chausson et familier de Debussy (cf. l'exposition consacrée au compositeur actuellement au Musée de l'Orangerie - article dans la Revue), mais après les iris et les pivoines, il est bien tentant d'aller cueillir les pâquerettes du renouveau avec Maurice Denis...

Thierry Vagne (19/5/2012)


"Peggy Guggenheim, femme face à son miroir " avec Stéphanie Bataille Au Théâtre du Petit Montparnasse - jusqu’au 17 juin 2012

Extrait Figaro magazine :
« La comédienne et la mécène ne font qu'une dans cette pièce de l'Américain Lanie Robertson, créée au Théâtre de la Huchette en 2011. Peggy Guggenheim (1898-1979) était un «personnage» au caractère bien trempé, doublé d'un tempérament de feu. Dirigée par Christophe Lidon, Stéphanie Bataille, actrice au talent indéniable, ne détonne pas. Elle relate sa jeunesse, son père, disparu lors du naufrage du Titanic, sa passion pour l'art, ses époux - Laurence Vail et Max Ernst -, ses amants - multiples - et l'amour pour sa fille, Pegeen, qu'elle considère comme une «grande artiste». L'esthète milliardaire était en avance sur son temps. Elle a financé les talentueux travaux de centaines d'artistes auxquels elle seule croyait: Magritte, Giacometti, Mondrian, Pollock, Klee… et réuni une collection unique, inestimable…»

Pour passer un bon moment où se mêlent cocasse et tragique…

Haut de page - TopSylvie Fontaine (24/5/2012)


Rêves de laque, le Japon de Shibata Zeshin - Musée Cernuschi

On est décidément en plein tournant du XIXe siècle en ce moment : outre Debussy à l'Orangerie, le symboliste Maurice Denis à Giverny (cf. ci-dessus), le musée Cernuschi nous invite à redécouvrir les laques et peintures de Shibata Zeshin, artiste du XIXe siècle dont les œuvres furent notamment exposées lors de l'Exposition de 1889 à Paris.
Les œuvres présentées - en provenance du Musée de San Antonio - sont très diverses : de panneaux peints à de magnifiques objets très variés, réalisés par ce maître de la laque japonaise.
Outre le charmant accueil du personnel et la faible fréquentation, on appréciera un court-métrage expliquant efficacement les nombreuses facettes de l'art de la fabrication traditionnelle de la laque japonaise.

Thierry Vagne  (19/5/2012)


"J'ai deux amours" à la Cité nationale de l'Histoire de l'immigration - jusqu'au 24 juin 2012

Les commissaires de l'exposition "J'ai deux amours", ont sélectionné 106 œuvres de 22 artistes parmi le fonds d’art contemporain du Musée national de l’histoire de l’immigration -ouvert au public depuis 2007. Ils ont alors imaginé un parcours en cinq thèmes : Départ - voyages - circulations / Entre rêve et nécessité / Frontières : passages et contrôles / Vivre ensemble / Réinventer son univers.
Citoyens du monde, les artistes, aujourd'hui, sont en transit entre leurs cultures d’'origine et les capitales culturelles que sont Paris, New York, Berlin, Londres... Mais la mobilité, telle qu'elle est envisagée ici, n'est pas uniquement géographique ; c'est également une façon de vivre, de créer, de se régénérer.
Les œuvres proposées enrichissent ainsi le regard historique et anthropologique du discours des artistes sur l'exil, la notion de frontière ou le questionnement identitaire.
Exposition à découvrir pour ces témoignages différents, parfois décalés ou plein d'humour, d'artistes contemporains sur l'immigration. 

Haut de page - TopSylvie Fontaine (06/1/2012)


"Masques de jade mayas" - Pinacothèque de Paris - Jusqu'au 10 juin 2012

La Pinacothèque de Paris présente « les masques de jade mayas » jusqu’au 10 juin 2012. Cette exposition montre des pièces exceptionnelles trouvées dans les sépultures des élites sachant que le « seigneur » détient le pouvoir politique, économique et religieux. Pour les mayas, toutes les créatures animées et inanimées de l’univers ont une âme, possèdent une spiritualité propre et entretiennent des liens les unes avec les autres de manière constante. Ainsi, la communication et l’interaction entre les divinités, les hommes et les animaux, mais aussi les entités telles que les montagnes, cavernes, fleuves, nuages, ciel, arbres, terre et vent se font au moyen de symboles et attributs. L’art maya s’attache à recréer l’harmonie existant entre l’ordre cosmique et mythologique ainsi que les énergies qui les habitent (la couleur rouge étant associée étroitement au concept de sang et de fertilité).
Sept tombes sont reconstituées : masques, colliers, boucles d’oreilles, pectoraux, bracelets, bandeaux frontaux, ceintures cérémonielles, boucliers, gobelets, assiettes, haches votives, figurines de joueurs (le jeu de pelote est une façon de recréer rituellement les étapes de la création afin d’assurer la continuité du cycle de la vie et de la mort dans le cosmos)… Les objets sont le plus souvent en jade, considéré comme le matériau le plus précieux tout comme l’obsidienne, la turquoise, les coquillages marins…
Les masques permettent d’endosser le visage de la divinité et d’accomplir ainsi son rôle d’intermédiaire entre les sphères terrestre et céleste ; ils ont pour mission d’assurer la vie éternelle aux hauts dignitaires (incarnations des dieux) après leur mort.
Les représentations symboliques s’inspirent de la nature (le jaguar, le crocodile, le serpent à plumes, la chauve-souris, le perroquet, le maïs, la pluie, le vent…) mais plongent dans la cosmogonie mystérieuse de cette culture millénaire riche dans de nombreux domaines (astronomie, mathématiques, écriture…). La statuaire et les masques dévoilent les canons de la beauté maya : la déformation crânienne (2 planchettes comprimaient l’occipital pour rappeler l’épi de maïs) ; l’arête du nez allongé ; le strabisme convergeant créé par l’application d’un petit coquillage dans l’angle interne de la cavité oculaire ; les dents incrustées de nacre ; la lèvre intérieure, le bas du nez et les lobes d’oreilles percés pour y intégrer des ornements décoratifs…
Cette exposition, difficile à appréhender pour les néophytes, met en valeur le mystère de la religion et des rites mayas et fascine réellement par la manifestation du sacré qui s’en dégage.
Haut de page - TopFrancoise Rambier (16/2/2012)


"L’affaire Dussaert" de Jacques Mougenot au Théâtre Le Ranelagh - jusqu’au 2 juin 2012

Jusqu’où l’art peut-il aller trop loin ?
Prix Philippe Avron 2011 décerné par la Fédération des Festivals d’Humour et la SACD.

L’affaire suscitée par la vente publique de la dernière œuvre de Philippe Dussaert (1947-1989) donne l’occasion à Jacques Mougenot d’évoquer avec humour les dérives de l’art contemporain. Un spectacle inattendu, drôle et réjouissant.
Haut de page - TopSylvie Fontaine (24/5/2012)


Spartacus - Théâtre de la marionnette à Paris -  Du jeudi 10 au samedi 12 mai 2012 à 21h30

La connotation "marionnette" est trop souvent liée à l'enfance, à Guignol. Mais si quelque chose a vraiment évolué dans le spectacle, c'est justement le théâtre de marionnettes. Cette année, le "Théâtre de la Marionnette à Paris" présente Spartacus, spectacle lyrique avec une manipulation extraordinaire de personnages, d'objets et d'animaux de métal, qui prennent vie dans un cirque à gradins de bois. Les trois manipulateurs, muets et maquillés dans les couleurs de leurs personnages "métal rouillé" sont au centre de la piste sur laquelle se déroulent les jeux du cirque. La révolte des gladiateurs gronde. Spartacus tient tête aux deux chefs Romains installés sur deux tours de chaque côté de la piste. Les sept tableaux sont rythmés par ces deux chefs, chanteurs lyriques.
Ce cirque grandiose, digne d'un péplum est produit par "le Théâtre de la Licorne" et a rencontré un vif succès au dernier festival de marionnettes de Charleville-Mézières. Le rêve est encore possible, il ne faut surtout pas rater ce spectacle donné trois jours seulement du 10 au 12 mai 2012.

Marie-Raymonde Clairotte (27/3/2012)


"La saisie du modèle" - Musée Rodin - Jusqu'au 1er avril 2012

Si vous n’avez déjà visité l’exposition « La saisie du modèle » au Musée Rodin, courez découvrir les 300 dessins et aquarelles de la période 1890-1917 superbement mis en lumière de façon thématique : mythes et métamorphoses, Psyché, danseuses cambodgiennes, portraits, figures de l’indécence…« …mes dessins sont la clef de mon œuvre…et permettent d’exprimer la simplicité en fixant l’essentiel… » confie l’artiste en 1910.
En effet, à partir de 1896, il s’adonne quotidiennement au dessin d’après modèle vivant et en fait sa forme prépondérante d’expression. Après une saisie immédiate, les formes sont épurées ou découpées puis balayées par des aplats de couleur vive. Les dessins instantanés fournissent à l’artiste un répertoire de gestes, d’attitudes, d’expressions, d’études de la décomposition du mouvement - le plus souvent de la figure féminine. L’artiste cherche à faire transparaître vérité et caractère dans ses portraits, comme le fera Lucian Freud dans ses toiles quelques années plus tard.
La dernière section présente des corps noyés dans des taches d’aquarelle aux couleurs vives - des rouges somptueux- et nous montre ainsi le caractère de la variation chez Rodin qui invente des procédures novatrices pour l’époque. Il se dégage de ces œuvres une modernité et une expressivité incroyable et on ne peut s’empêcher de faire un rapprochement avec les dessins de Cocteau, les découpages de Matisse, les acrobates et contorsionnistes de Picasso, les études de mains de Louise Bourgeois...
Haut de page - TopSylvie Fontaine (08/2/2012)


"Décor et installations" à la Galerie des Gobelins - jusqu'au 15 avril 2012
 

La superbe exposition "Décor & Installations " réunit 31 artistes de la scène française contemporaine dans la Galerie des Gobelins à Paris et à la Galerie nationale de la tapisserie à Beauvais.
Dans une scénographie subtile, imaginée par le designer Frédéric Ruyant, sont présentées les œuvres des artistes et les cartons qui sont à l’origine de tapisseries, tapis et dentelles réalisés dans une facture savante et raffinée par les lissiers des manufactures des Gobelins. Les installations, faisant appel à des médiums différents, de L. Bourgeois, F.Morellet, C.Rutault, B.Lavier et tant d'autres permettent de découvrir les relations étroites entre métiers d’art et création.
Entre modernité et tradition, épure et baroque des pièces anciennes se trouvent confrontées à des pièces contemporaines et nous incitent à les contempler différemment telle l'installation de A et P Poirier qui vous fait pénétrer dans les merveilleuses tapisseries de batailles du XVIIe siècle d'après C Le Brun, Raphael ou Rubens...
Un parcours vous est proposé certains jours, qui comprend l'accès à l'exposition et la visite guidée des manufactures par un conférencier.

Haut de page - TopSylvie Fontaine (06/1/2012)


"Sable et lumière" : Raphaëlle Pia à l'AUP Fine Arts Gallery - jusqu'au 12 mars 2012  

The American University of Paris
6, rue du Colonel Combes
75007 PARIS
du lundi au vendredi  9h - 19h
Le samedi de 10h 17h

Raphaëlle Pia

 

 

 

 

 

 

 

 


Inauguration du Palais de Tokyo avec la Triennale 2012

Le Palais de Tokyo, dans le 16ème arrondissement de Paris, a ouvert ses portes à la création contemporaine il y a 10ans. Aujourd’hui, ce palais s’agrandit et devient, avec ses 22.000m2, l’un des plus grands sites d’exposition des arts visuels en Europe.
Pour son inauguration, il accueille la 3ème Triennale sous le commissariat du curateur de renommée internationale, Okwui Enwezor. Directeur artistique de nombreux évènements tels la documenta 11, les biennales de Gwangiu et Johannesburg, il dirige aujourd’hui la Haus der Kunst de Munich.
Cette Triennale, ancienne « Force de l’art », a été présentée au Grand Palais en 2006 et 2009 et avait pour objet de présenter et de soutenir les créations contemporaines françaises. Dans le contexte actuel de mondialisation accrue, l’heure n’est plus à présenter une esthétique nationale mais plutôt de confronter les différentes productions artistiques de par le monde. C’est pourquoi cette manifestation, intitulée Intense Proximité, montre en 2012 les correspondances et les complicités tissées entre la création en France et celle des autres foyers internationaux en mettant l’accent sur les frottements et les tensions hétérogènes qui animent toute activité humaine. Il s’agit d’une vaste interrogation sur la place de l’individu dans la société, au travers de ses origines, sa formation intellectuelle et sa trajectoire. Cette exposition foisonnante rassemble les œuvres de 113 artistes de toutes origines - 40 pays représentés - et de toutes disciplines, depuis les années 30 (superbes dessins de W. Lam, photographies de W.Evans) jusqu’à aujourd’hui avec la pertinente vidéo de la jeune B. Bak. Il s’agit pour nombre d’entre eux « d’une réflexion sur le rôle des poétiques de l’ethnographie » selon le commissaire O. Enwesor et où images documentaires sont déconstruites et reconstruites entre réalité et fiction.
Cette nouvelle Triennale au Palais de Tokyo et dans sept lieux associés est l’un des grands rendez vous de l’année 2012 à ne pas manquer…
 
Sylvie Fontaine (20/5/2012)

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Bruegel - Le moulin et la croix - Film de Lech Majewski - 2012

Les films consacrés à une œuvre picturale importante ne sont pas si fréquents pour ne pas attirer l'attention sur celui-ci.
Le tableau  a été exécuté par Pieter Bruegel l'ancien en 1564, au cours de l'occupation des Flandres par les Espagnols.
La question de savoir si "la démarche de Bruegel consiste à utiliser la situation politique immédiate pour faire comprendre l'histoire du messie et non pas de prendre l'histoire du Christ pour condamner les exactions espagnoles" reste à notre avis pendante...
Le parti pris - obligé - du réalisateur de ne se concentrer que sur quelques-uns des quelques 500 personnages du tableau (1,70m x 1,24m...) peut certes prêter à discussion.
Il n'empêche que l'on est souvent pris par l'habileté technique mêlant actions et tableau, les décors numérisés magnifiant en quelque sorte les différentes parties du tableau.
À voir donc, notamment pour les heureux possesseurs de 'tablette', qui, un peu comme le mélomane qui suit la partition pendant un concert, pourront ainsi localiser en temps réel sur le tableau les scènes proposées par le film...
Haut de page - TopThierry Vagne (28/1/2012)


"Bêtes off" à la Conciergerie - jusqu'au 11 mars 2012
 

La Conciergerie présente actuellement "Bêtes off", sous le commissariat de C. d'Anthenaise, Directeur du Musée de la Chasse et de la Nature.
Après avoir été exposées l'été dernier dans 35 monuments nationaux à travers la France, les œuvres de 45 artistes contemporains utilisant la figure animale dialoguent entre elles dans ce cadre historique. Et chacune offre un territoire différent à explorer.
Même si la scénographie reste un peu trop sombre et présente, vous découvrirez de très belles œuvres d'artistes confirmés ou émergents au travers d'installations, sculptures, photographies, vidéos...
La figure animale a de tout temps joué un rôle important dans l'imaginaire des artistes et je vous invite vivement à découvrir ce monde étonnant, d'une beauté rare aux allures de conte dans le cadre grandiose qu'est celui de la Conciergerie. 

Sylvie Fontaine (06/1/2012)


L'hôtel des roches noires - Spectacle musical de Françoise Cadol et Stefan Corbin - Jusqu'au 4 mars 2012

Trouville 2012.
La plage, le bord de mer, un ancien hôtel hanté. Des âmes prisonnières trompent leur ennui en inventant des jeux sans règle pour meubler leurs jours sans fin, leurs rêves d'histoires d'amour. Ce serait mieux que le vieil hôtel abandonné rouvre ses portes, que des vivants reviennent, que des cœurs palpitent. Un jour, un homme entre dans le hall. Il est promoteur et sa tête est hantée par le souvenir d'une femme disparue cinq ans auparavant. Ce promoteur devient le catalyseur qui permettra d'affiner tous les souvenirs.

C'est rare de voir des fantômes chanter, mais quand c'est avec humour, tendresse et poésie, il faut voir ça !



Haut de page - TopMarie-Raymonde Clairotte (30/1/2012)


Le pianiste aux 50 doigts de et par Pascal Amoyel au théâtre du Ranelagh jusqu'au 15 janvier 2012

Un des tous meilleurs pianistes français rend hommage à son maître György Cziffra au cours d'un spectacle aussi bien musicalement captivant qu'émouvant.
La première partie de la vie du "pianiste aux 50 doigts" est ainsi scénarisée de façon très habile et permet à Pascal Amoyel, pianiste, chambriste, compositeur, professeur de conservatoire et... comédien, de montrer qu'il est le digne successeur de son maître.
Emmenez-y vos enfants ou petits-enfants  !
Site du théâtre
Site du pianiste

Spectacle proposé par Thierry Vagne


Surpeintures de Arnulf Rainer à La Maison Victor Hugo jusqu'au 15 janvier 2012

Ne manquez pas de voir la merveilleuse exposition de l'artiste autrichien A. Rainer, malheureusement peu montré en France depuis sa rétrospective en 1984 au Centre Pompidou.
Le Musée Victor Hugo a sélectionné une soixantaine d'œuvres où l'artiste recouvre plus ou moins à l'aide d'encre, pastel, peinture... des reproductions de V. Hugo. Le dialogue ente les deux artistes s'effectue tout au long de l'exposition et les clochers, temples, 3 mâts de V. Hugo transparaissent dans une explosion de couleurs ou au contraire disparaissent sous les grattages, griffures et calligraphies. Arnulf Rainer met ainsi magnifiquement en exergue la modernité, les jeux d'ombre et de lumière, les lignes de force et l'abstraction des dessins de Victor Hugo.
En regard de la série "Hugo", sont présentées d'autres œuvres d' Arnulf Rainer inspirées par des artistes de paysages tels Corot et Friedrich ou encore d'artistes ayant une proximité avec l'univers onirique du poète comme Redon. Courez vite avant le 15 janvier !

Exposition proposée par Sylvie Fontaine