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L'art visuel - Notules livres - Musique - Théâtre

 

L'art visuel

L'envol - La Maison rouge

"L'envol", dernière exposition de la Maison Rouge à Paris, offre un parcours de rêves pour tout public du 16 juin au 28 octobre 2018. Dans une sorte de grand cabinet de curiosités, on y découvre des œuvres variées, françaises, belges, suisses...
Le collectionneur Antoine de Galbert et sa petite équipe auront organisé, depuis 2004, dans cette Fondation, 131 expositions originales, axées notamment sur des collections privées d'art contemporain ou des jeunes artistes. 52.000 visiteurs se sont pressés à la récente double exposition sur des poupées noires américaines en tissu et sur une artiste rom autrichienne rescapée de camps nazis.
La dynamique directrice artistique Paula Aisemberg se cherche une nouvelle activité, la larme à l'œil, tandis que les vastes locaux sont vendus, quai de la Bastille. Grand amateur d'art brut et de coiffes ethniques, volontiers provocateur et anti-institutionnel, Antoine savait que ce lieu serait éphémère dès le départ. "On arrête quand tout va bien", répète-t-il à ses amis navrés, au côté de sa compagne, la galeriste Aline Vidal. Mais la porte de sa Fondation reste entrouverte pour quelques projets culturels et artistiques.
Jusqu'au 18 octobre 2018
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Marie-France Maniglier (18/6/2018)

Exposition  Bacon – Giacometti

L’ exposition  Bacon – Giacometti à la Fondation Beyeler       révéle les correspondances entre deux grands artistes.


Le peintre britannique et le sculpteur suisse se sont rencontrés au début des années 1960 par l’intermédiaire d’une amie commune, l’artiste Isabel Rawsthorne. En 1965, leur relation était déjà telle que Bacon avait rendu visite à Giacometti à la Tate Gallery à Londres lorsque ce dernier y installait son exposition. Une série de clichés du photographe anglais Graham Keen documente cette rencontre, montrant les deux artistes en intense conversation.  

Plus d’un demi-siècle plus tard, les deux artistes sont réunis à la Fondation Beyeler de Riehen/Bâle et le double portrait photographique de Keen ouvre l’exposition.  

C’est la toute première fois qu’un musée consacre une exposition conjointe à ces deux artistes, éclairant leurs rapports et leurs relations. Aussi différentes que leurs œuvres puissent sembler à première vue, ce face-à-face inattendu fait apparaître des correspondances surprenantes.

L’exposition comprend des ouvrages célèbres des deux artistes, complétées par des œuvres rarement exposées. A noter plus particulièrement une série de plâtres originaux en provenance de la succession de Giacometti jamais encore dévoilés au grand public, ainsi que quatre grands triptyques de Bacon.     

Bacon et Giacometti avaient en commun une foi inébranlable en l’importance de la figure humaine. Tous deux ont intensément étudié, copié et paraphrasé les grands maîtres du passé. Tous deux s’intéressaient au défi de la représentation de l’espace en deux et en trois dimensions. Ils intégraient à leurs œuvres des structures en forme de cage afin d’isoler les figures dans leur environnement. Ils traitaient tous deux du corps fragmenté et déformé et partageaient une obsession pour le portrait et la représentation de l’individualité humaine qui s’y rattache. Tous deux se proclamaient « réalistes ». Et s’ils se référaient toujours à la figure humaine, ils en ont chacun à sa manière poussé l’abstraction à l’extrême, remettant ainsi en cause l’opposition entre figuration et abstraction, si centrale pour l’art moderne.  

Des intellectuels contemporains tels l’auteur et ethnologue français Michel Leiris, le critique d’art et commissaire d’exposition anglais David Sylvester et le poète et écrivain français Jacques Dupin entretenaient des relations personnelles avec Giacometti et Bacon. Ernst Beyeler a lui aussi souvent rencontré les deux artistes et évoquait leur courtoisie chaleureuse et leur charme. Il s’est particulièrement investi pour la diffusion de leurs œuvres.     

Beyeler a en effet joué un rôle déterminant dans l’établissement de la Fondation Alberto Giacometti à Zurich ; il a aussi consacré deux expositions de sa galerie à Giacometti, diffusant ainsi environ 350 de ses œuvres et également deux expositions à Francis Bacon ; ainsi environ 50 tableaux et triptyques de l’artiste britannique sont passés dans les mains de Beyeler. Les deux artistes ont en outre figuré dans de nombreuses expositions collectives de la galerie : huit pour Bacon et 38 pour Giacometti.  

Il n’est donc pas surprenant que des œuvres de Bacon et de Giacometti fassent partie des pièces maîtresses de la collection Beyeler. Il s’agit en particuliers de œuvres conçues par Giacometti pour la Chase Manhattan Plaza, dont le célèbre Homme qui marche II (1960) ainsi que l’émouvant triptyque dédié par Bacon à son amant disparu In Memory of George Dyer (1971). Quant à Lying Figure (1969), qui fait également partie de la collection, Bacon écrivait dans une lettre à Beyeler qu’il tenait cette toile pour l’une de ses meilleures œuvres.  

L’exposition est accompagnée d’un important catalogue publié aux éditions Hatje Cantz, auquel ont contribué Ulf Küster, commissaire d’exposition à la Fondation Beyeler, Catherine Grenier, directrice de la Fondation Giacometti à Paris, Michael Peppiatt, spécialiste de Bacon et ami proche de l’artiste, ainsi que Hugo Daniel et Sylvie Felber.

Séverine et Raymond Benoit - 17/5/2018
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Jusqu'au 02 septembre 2018

 

A la recherche du style (1850-1900)

Le Musée national suisse à Zurich présente plus de trois cents textiles, meubles, dessins ou tableaux dans l’exposition "A la recherche du style. 1850 à 1900". Elle permet de se plonger dans ces cinquante années marquantes pour l’évolution du style et d’embrasser l’architecture, les arts, l’artisanat et l’industrialisation.
Le milieu du XIXe siècle marque un changement de paradigme. La "Great Exhibition" de Londres, la première exposition universelle, en 1851, a marqué l’émergence d’une nouvelle ère. Parallèlement à la diffusion croissante de nouveaux produits, leur apparence doit répondre à des exigences accrues : les objets de la vie quotidienne sont non seulement conçus à des fins pratiques, mais également esthétiques.
Dans le bâtiment, on emploie de nouveaux matériaux comme l’acier, le béton ou le verre, et l’art prend ses distances avec les académies. Le visage de métropoles comme Paris, Londres ou Vienne prend son aspect actuel. Sur le plan architectural, c’est à cette époque que sont jetées les bases de l’avenir. Une série de photos de l’époque nous le démontre. Les agrandissements en décor nous plongent directement dans les rues de l’époque, dont certaines n’ont pratiquement pas changé après plus de cent ans.
Les idées de Gottfried Semper et d’Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc exercent alors une influence déterminante. Les deux hommes s’inspirent d’époques révolues –l’Antiquité et la Renaissance pour Semper, le Moyen Âge gothique pour Viollet-le-Duc-. L’opéra de Dresde, l’école polytechnique de Zurich témoignent de l’art de Semper ; et la cathédrale de Lausanne –pour rester en Suisse– a été remaniée par Viollet-le-Duc.
L’essor technique est fulgurant dans la seconde moitié du XIXe siècle. Une nouvelle filière professionnelle, celle des designers ou stylistes, naît des besoins de la nécessité pour un nouveau produit d’être élégant tout en restant fonctionnel. Ces nouveaux produits sont en particulier l’ampoule à incandescence, le fer à repasser ou le téléphone. Ils apportent le confort aux ménages et les conduites d’eau et égouts améliorent l’hygiène.
Des écoles d’arts appliqués sont alors fondées et des collections d’échantillons se constituent. L’égale valeur de l’art et de l’artisanat est prônée par l’historien d’art britannique John Ruskin dans son ouvrage "The Two Paths", paru en 1859. L’importance de l’apparence extérieure de biens d’usage courant s’accroît dans une population qui peut les accueillir plus largement.
Au XIXe siècle, de nombreux peintres quittent les académies pour se tourner vers de nouveaux idéaux artistiques. Arnold Böcklin, Albert Anker, Ferdinand Hodler et d’autres Suisses partent à l’étranger, à Paris en particulier, pour y trouver leur inspiration, se former et parfaire leur apprentissage, rentrant ensuite au pays avec des approches nouvelles. De nombreux artistes dialoguent avec le passé pour se renouveler. Depuis lors, nous parlons d’Impressionnisme, de Réalisme ou de Symbolisme.
Des prêts exceptionnels du Victoria and Albert Museum de Londres, de l’Österreichisches Museum für angewandte Kunst / Gegenwartskunst (MAK) de Vienne ou du célèbre musée des Tissus de Lyon ont permis, en plus des collections propres du musée, d’organiser cette exposition qui couvre l’ensemble de l’Europe et un peu du Nouveau monde.
Séverine et Raymond Benoit
Musée national suisse, Zürich
23 mars au 15 juillet 2018
 

 

Magie du pastel

Il y a vingt ans, grâce à la générosité de Madame Lucie Schmidheiny, la Fondation de l’Hermitage à Lausanne recevait en donation un somptueux pastel d’Edgar Degas, Danseuses au repos (83 x 72 cm), réalisé vers 1898. Pour cet anniversaire, la fondation a organisé une exposition : Pastels, du 16e au 21e siècle. L’exposition rassemble 150 chefs-d’œuvre de ce medium fascinant.

La vulnérabilité des épreuves entraîne le fait qu’elles doivent impérativement être transportées le moins loin possible et toujours à plat. Dès lors, elles proviennent essentiellement de collections publiques et privées suisses. Ces origines augmentent d’autant plus l’intérêt de l’exposition, car la plupart des pastels des collections privées n’ont pratiquement jamais été prêtées et celles des institutions publiques pas toujours exposées. La visite débute avec les premiers dessins rehaussés au pastel de Barocci et de Bassano et fait ensuite la part belle à l'âge d'or du portrait au 18e siècle, en particulier ceux du Genevois Jean-Etienne Liotard (1702-1789). Il adopté un style fin et précis, marqué par une imitation fidèle de la nature, que ce soit dans ses remarquables natures mortes ou ses portraits harmonieux ; est exposé, en particulier, le grand portrait (114,5 x 89,5 cm), exceptionnel pour l’époque, de Madame Paul Girardot de Vermenoux, née Anne Germaine Larrivée, remerciant Apollon de sa guérison (1764). Il faut aussi remarquer les intéressants portraits de Quentin de la Tour, dont le fameux autoportrait dit « à l’œil de bœuf ».

Après la disparition presque complète de l’art du pastel au début du XIXe siècle, celui-ci revient à la mode avec les pré-impressionnistes et les impressionnistes avec, au départ, Jean-François Millet, qui attire sur lui l’attention de jeunes artistes. Eugène Boudin puis Alfred Sisley y ont recours, tandis qu’Edouard Manet et Edgar Degas se l’approprient avec une inventivité et une liberté absolues. Mary Cassatt et Berthe Morisot associent sa douceur au monde de l’enfance. Les irradiations colorées d’Odilon Redon, qui a abandonné le noir, et les évocations brumeuses des symbolistes (Lucien Lévy-Dhurmer, Fernand Khnopff, Jean Delville), confèrent au pastel une part de rêve et de mystère. Les craies de couleur accompagnent aussi les paysagistes comme Edouard Vuillard, Giovanni Giacometti, Ernest Biéler ou Albert Welti.

L’exposition est complétée par les pastels aux coloris beaucoup plus vifs, grâce à la puissance des pigments, d’artistes comme Augusto Giacometti, František Kupka, Paul Klee, Aurélie Nemours et Sean Scully. Le pastel séduit aussi les artistes minimalistes (Fred Sandback, Paul Mogensen, Robert Mangold) comme les tenants de la figuration (Sam Szafran, Tom Phillips). La flexibilité de ce médium très polysémique l’adapte désormais à tous les usages (Roni Horn, Nicolas Party).

Du fait de la rareté relative des expositions de pastels, cet évènement lausannois complète de façon particulièrement intéressante l’exposition parisienne du Petit-Palais. Il a été rendu possible grâce à la générosité des collectionneurs privés et la participation exceptionnelle des Musées d’art et d’histoire de Genève, du Kunstmuseum Winterthur et du Kunsthaus Zürich. Séverine et Raymond Benoit Fondation de l’Hermitage, Lausanne Pastels, du 16e au 21e siècle Liotard, Degas, Klee, Scully…

Fondation de l’Hermitage, Lausanne
Pastels, du 16e au 21e siècle Liotard, Degas, Klee, Scully…

Séverine et Raymond Benoit  (04/3/2018)

 

Les Italiens à Paris - Du classicisme au futurisme

Si vous habitez aux alentours de la rue de Penthièvre ou l'empruntez par hasard, ne manquez pas, au n°34, de pousser la porte de la petite galerie Maurizio Nobile pour y admirer l'exposition Les Italiens à Paris.

Giovanni Boldini (1842-1931) y est à l'honneur. Tout le monde connaît son portrait de Verdi ou de Robert de Montesquiou, celui qui, ici, monopolise avec raison toute l'attention et qui figure sur l'affiche est l'image d'une riche Argentine, Josefina Virginia de Alvear, qu'il a d'ailleurs portraiturée trois fois. Il ne faut pas manquer de regarder le dos du tableau, un autre superbe portrait de femme du même Boldini y est accroché.

Il faut signaler aussi La dame au miroir du même peintre et d'autres artistes intéressants ayant séjourné à Paris entre la fin du 19e siècle et le début du 20e tels que Corcos, Mancini (Gamin au parapluie, Le saltimbanque au violon) Zandomeneghi (Jeune femme dans un jardin, de facture très impressionniste), Rossano (Promenade dans le parc), jusqu'au futuriste Severini (1833-1966) dont on peut voir La fenêtre.

Il y a juste une quinzaine de tableaux, la galerie est petite, mais les deux grands portraits de Boldini valent à eux seuls le détour.
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Les Italiens à Paris
Galerie Maurizio Nobile
34, rue de Penthièvre-75008 Paris
22 mars - 21 avril 2018 Du mardi au samedi, de 11h à 19h

Marie-José Sélaudoux  (03/3/2018)


 

Un nouveau musée à Paris : Le Grand Musée du Parfum

Fraichement ouvert, depuis le 22 décembre 2016, cet hôtel particulier niché dans le 8eme arrondissement de Paris saura vous présenter le parfum sous un nouvel angle.
Ce très bel espace se compose de plusieurs niveaux. Le sous-sol retrace l’origine du parfum, les odeurs de l’Histoire, de son utilisation lors de l’Antiquité gréco-romaine ou au Moyen Age, jusqu’à son explosion en France, grâce à l’aide notamment des couturiers les plus connus (Guerlain, Chanel, Patou).
L’étage supérieur se veut pédagogique et interactif, pour petits et grands. L’odeur des foins coupés vous rappelle votre enfance, une odeur particulière vous emmène à un moment précis de votre vie, pourquoi ? Saurez-vous devinez les odeurs qui s’offrent à vous dans le jardin des senteurs ?
L’étage suivant met en avant le rôle des parfumeurs, les « compositeurs d’odeurs »,  avec à la clé des vidéos, mais aussi un surprenant orgue qui joue une musique tout à fait particulière…Je ne vous en dit pas plus…
De futures expositions se tiendront au dernier étage, patience donc !

Un musée ludique et moderne où le public peut toucher, sentir, deviner…Prochainement, des professionnels viendront conseiller ceux qui le veulent afin de créer pour eux la parfaite composition.

Un salon de thé devrait s’ouvrir aux beaux jours.

Le Grand Musée du Parfum
73 rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

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Chrystelle Tassios (03/01/2017)

Hôtel particulier Nissim de Camondo

Un hôtel particulier, niché à l’orée du Parc Monceau : à découvrir absolument ou à revoir… Certes, nous vivons dans une des plus belles villes du monde mais la connaissons nous vraiment ? Que savons-nous des trésors cachés derrière les portes imposantes des hôtels particuliers parisiens ?
Laissez-moi vous ouvrir la porte de l’hôtel particulier Nissim de Camondo, merveille architecturale, inspiré du Petit Trianon avec deux ailes s’ouvrant en V et qui donnent directement sur le parc Monceau. Maintenant, laissez-vous guider…
Le testament de Moise de Camondo fait état de sa volonté de léguer tous ses biens à l’Etat français ainsi qu’au musée des Arts Décoratifs. Une condition toutefois, que tous les objets restent en l’état tel qu’au moment de sa mort et qu’ils ne soient pas dispersés. L’hôtel est nommé Nissim de Camondo, après le fils de Moise à qui il était destiné ainsi qu’à sa descendance.
Cependant, l’Histoire en a décidé autrement. Grande famille de banquiers juifs venant de l’Empire Ottoman (Turquie), surnommés « les Rothschild de l’Est », la famille de Camondo  a décidé d’installer le siège européen de sa banque à Paris en 1866.
Le ‘63 rue de Monceau’, dans l’ancienne Plaine Monceau, a été choisi, devenant le haut lieu des fêtes et diners du tout Paris aristocrate et du monde des banquiers. De grandes rénovations ont été entreprises afin de donner l’aspect que nous connaissons aujourd’hui.  Depuis le vestibule, le visiteur aperçoit l’escalier monumental amenant vers le 1er étage et les pièces de réception. Les espaces sont généreux, avec tout le confort possible à cette époque (cuisinières modernes au rez-de-chaussée avec les salles destinées au personnel, le chauffage dans toutes les pièces, l’éclairage, des salles de bain et un ascenseur intérieur). Le 1er étage est constitué de salons, d’une salle à manger/de réception et du grand bureau.
Le 2eme étage nous montre la chambre de Moise, les salles de bain, le bureau de Nissim ainsi que la magnifique bibliothèque, impressionnante et mettant superbement en valeur les boiseries du 19eme siècle. A la mort de son fils, héros de la 1ere Guerre Mondiale, Moise ferma sa banque et concentra tous ses efforts à perfectionner chaque objet, afin de le fixer pour l’éternité.
La finesse du mobilier, l’harmonie et la symétrie, l’ornement de chaque pièce est juste un ravissement pour les yeux et il convient de dire que la volonté de Moise a été respectée…Rien n’a changé, le temps est comme suspendu, figé et ce, en plein cœur de Paris. La fille de Moise, Beatrice, ainsi que ses deux enfants ont été déportés à Drancy puis exterminés à Auschwitz. La famille s’est éteinte. Un hommage à la grande épopée de cette famille, qui a tant fait pour l’Empire Ottoman puis qui a poursuivi à Paris, pour finir dans l’horreur de la Seconde Guerre Mondiale.     
Musée Nissim de Camondo
63, rue de Monceau, 75008 Paris
Ouvert du mercredi au dimanche (10h-17h30) Tarif : 9€
Chrystelle Tassios - 15/1/15

Vaux-le-Vicomte
Le château de Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, près de Melun,  vaut le déplacement : pas à cause de l’intérieur du château : rien de bien extraordinaire à part quelques belles pièces de mobilier ancien, le tout étant mal présenté et fort décati ; non, ce qui vaut le déplacement c’est de parcourir le parc aménagé par Le Nôtre : l’archétype du parc à la française, malheureusement un peu défiguré parla maladie qui s’est emparée récemment des buis (cf). Préparé par une animation - cette-fois, exemplaire, on pourra admirer l’ampleur des travaux et le génie des proportions et de la perspective de celui qui restera plus un architecte extérieur qu’un jardinier (à part quelques pâquerettes aucune fleur dans le parc…)

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Thierry Vagne - 11/6/2014


Théâtre

 

Guérisseur

Très connu dans les pays de langue anglaise, Brian Friel l'est moins en France. Heureusement, depuis une vingtaine d'années, Alain Delahaye a entrepris de traduire toute l'œuvre abondante du dramaturge irlandais décédé il y a trois ans et il en a déjà traduit un bon nombre. Faith Healer (Guérisseur) en fait partie.
La pièce est actuellement jouée au Lucernaire jusqu'au 14 avril. Trois personnages racontent tour à tour leur histoire commune, celle de la tournée en Grande Bretagne du guérisseur accompagné de son épouse et de son impresario. Tournée hasardeuse dans une vieille camionnette qui les conduit d'un village miteux à un autre encore pire, devant une assistance parfois rare et souvent primitive. Les épisodes cocasses ou dramatiques du voyage sont vus par les trois protagonistes sous des angles différents. Le spectateur, dont l'attention ne se relâche pas une seconde (on entendrait une mouche voler dans la salle) est en plein suspense, complètement accroché aux lèvres des acteurs, mais chacun des trois personnages a sa vérité. Les voyageurs reviennent enfin en Irlande, dans ce village de Ballybeg déjà évoqué dans d'autres pièces de Brian Friel. Je ne dévoilerai pas la fin très subtilement suggérée.
e jeu des trois acteurs tout en nuances ne peut qu'être loué et contribue à faire de cette pièce un spectacle de qualité.

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Marie-José Sélaudoux (14/02/2018)

« Les Reines » de Normand Chaurette

Les fans de Shakespeare et les amateurs de théâtre contemporain peuvent se laisser surprendre par « Les Reines », une tragédie francophone du Canadien Normand Chaurette mise en scène par Elisabeth Chailloux. Créé et présenté à la Manufacture des œillets, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), du 12 au 29 janvier 2018, ce spectacle de six comédiennes chevronnées doit ensuite partir en tournée, en particulier à Colmar.
A Londres, le 20 janvier 1483, six femmes se croisent dans un château sombre, où elles s’apostrophent dans une langue riche et poétique. Elles sont sœurs, épouses ou mère de roi. L’une d’elles, qui aimait trop son frère, déambule comme un ange en patins à roulettes. Le roi Edouard agonise ; les enfants d’Elisabeth sont menacés, sur fond de guerre des Deux Roses. De cette guerre s’est inspiré Shakespeare pour écrire « Richard III » et « Henri VI ». Ces personnages de Shakespeare sont réincarnés par Chaurette : Anne Dexter (interprétée par Bénédicte Choisnet), la duchesse d’York (Sophie Daull), les sœurs Isabelle Warwick (Pauline Huruguen) et Anne Warwick (Marion Lenfant), la reine Elisabeth (Anne le Guernec), la reine Marguerite (Laurence Roy).
Normand Chaurette, né en 1954 à Montréal, explique : « je tenais à écrire une pièce sur la métaphore, sur la langue, sur le flamboiement, sur le décadent ». La question du pouvoir n’est pas fondamentale pour ces rôles, assure le dramaturge, qui pense l’acteur comme un instrument de musique : « les mots sont pour moi des rondes, des blanches, des noires et des croches, la voix des acteurs des timbres ».  

L’ancienne manufacture des œillets, centenaire, a été rachetée par la ville d’Ivry en 2009 et Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. On y fabriquait des œillets, des anneaux métalliques permettant de consolider les trous pratiqués dans du tissu ou dans du cuir pour y glisser des lacets. Aujourd’hui, elle abrite le théâtre des quartiers d’Ivry (centre dramatique national du Val-de-Marne), avec ses activités de création et de production, de formation professionnelle et amateur (l’Atelier Théâtral), de rencontre avec des artistes et des compagnies venues d’ailleurs (Théâtre des Quartiers du Monde). Des plasticiens contemporains y sont également présentés dans un des bâtiments avec le CREDAC.

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Marie-France Blumereau-Maniglier (15/01/2018)

 

Les faux British

Les gags démarrent avant le début de la pièce. Un comédien affolé court dans le foyer et fait une annonce : "On cherche un chien qui joue dans le spectacle, si quelqu'un le voit, qu'il le ramène, il s'appelle Rocky ou Tobby".

Nous arrivons à nos places, le rideau est levé et une accessoiriste maladroite s'affaire à coller avec des bouts de sparadrap un dessus de cheminée. Un quidam très sérieux s'apprête en bord de scène à filmer le spectacle, après un dialogue assez abscons avec le directeur, il découvre qu'il n'a plus de batterie et ne peut donc pas filmer.

L'action commence. En fait sept amateurs de romans noirs anglais ont décidé de créer un spectacle théâtral policier à la manière de Sherlock Holmes. Tout le monde cherche donc l'assassin. Tous sont complètement inexpérimentés et accumulent les gaffes. Perkins, le majordome lit ses antisèches à l'intérieur de son veston, ou sur ses gants, ou sous son plateau et bute sur les mots un peu compliqués. L'accessoiriste a mal placé les objets que les comédiens tripotent d'ailleurs n'importe comment et lorsque l'inspecteur demande son carnet, on lui tend un vase. Les répliques tombent mal à propos : un comédien dit à la jeune première "Où vous enfuyez-vous ?" alors qu'elle ne bouge pas d'un pouce. Cette jeune première n'étant pas là au bon moment est d'ailleurs remplacée au pied levé par l'accessoiriste, méridionale boulotte qui mélange tous les textes du spectacle et est ravie de lancer des répliques avec l'accent du Midi. Quand la jeune première revient, c'est d'ailleurs un superbe pugilat entre les deux.

Enfin, on croit avoir trouvé l'assassin qui serait le majordome, celui-ci promenait le chien, il tient une laisse sans chien au bout évidemment. Finalement, ce n'est pas lui, je ne vous dévoilerai pas le coupable et le spectacle s'achève avec l'effondrement du décor qui a été mal fixé et s'écroule de tous les côtés.

Il faut beaucoup de talent pour jouer les amateurs et les comédiens n'en manquent pas. Ce spectacle, qui est une reprise, a reçu le Molière de la meilleure comédie en 2016. En ces temps moroses, si vous voulez rire, je vous conseille vivement d'aller le voir.  

Marie-José Sélaudoux (26/12/2017)

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Maria by Callas

Pour son exposition inaugurale, la Seine musicale de l'île Seguin a choisi de célébrer les 40 ans de la disparition de Maria Callas (16 septembre 1977). Les fans de la diva assoluta seront comblés. Maria Callas ressuscite.
Le parcours est chronologique et nous conduit de la jeunesse de la chanteuse à la dernière tranche de sa vie. Beaucoup de photos de tous formats, dont certaines étaient sa propriété personnelle. Des films d'amateurs ou tournés pour les actualités et accompagnés d'interviews, des objets lui ayant appartenu, telle cette petite peinture à l'huile représentant une Madone à l'enfant qui lui avait été offerte par son mari Giovanni Battista Meneghini et qui l'accompagnait toujours dans ses loges. C'est ce qu'elle disait à l'époque, car on peut lire divers extraits de sa correspondance. Cette petite Madone est posée sur une coiffeuse où repose également, parmi d'autres objets, une paire de lunettes de la Callas. La reconstitution de ce petit ensemble personnel est émouvante ainsi que le coin de son salon, 36 avenue Georges Mandel, où trônait son Steinway.
Et puis, bien sûr, nous retrouvons sa voix. Une petite salle permet de voir sur plusieurs écrans géants des performances de la diva dans Carmen, Manon, Don Carlos etc. Il faut ajouter qu'il est possible d'utiliser des audioguides qui, pointés en face de points signalés, permettent d'écouter certains grands airs chantés par Maria Callas.
Voici une exposition très bien organisée qu'il faut voir absolument, sans se presser et en la savourant. Elle va se terminer le 14 décembre prochain.  

Marie-José Sélaudoux (16/11/2017)

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Musique

 

Les 40 ans de l’Orchestre de chambre de Paris

L’orchestre de chambre de Paris fête ses 40 ans. Ses activités allient qualité musicale et projets pédagogiques. Il se produit principalement au Théâtre des Champs-Elysées, mais aussi à la Philharmonie.

La saison 2018-2019 présente de nombreux points forts, comme des concertos par François-Frédéric Guy dans la série « jouer diriger », les artistes Emmanuel Pahud, Alisa Weilerstein, François Leleu, une participation à un week-end « Syrie » de la Philharmonie, du chant, des opéras, les concerts de musique de chambre, etc. 

Toute la saison

Thierry Vagne - 08/4/2018

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