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L'art visuel

Le Kunsthaus Zürich présente « Robert Delaunay et la Ville Lumière »

Nous avons eu le plaisir de redécouvrir Robert Delaunay à la conférence de presse de la grande exposition consacrée à l’œuvre de Robert Delaunay (1885 –1941) par le Kunsthaus Zürich. Elle présente des thématiques majeures dont Paris, les débuts de l’aviation et la couleur à l’aube de la modernité. Avec 80 tableaux et travaux sur papier, il s’agit de la plus importante exposition jamais organisée en Suisse sur l’art de cet artiste majeur. Simonetta Fraquelli, commissaire invitée, spécialiste indépendante de l’art parisien du début du 20e siècle, nous a guidé à travers les différentes périodes de l’art du peintre.

Delaunay a été un précurseur. Il s’est intéressé à l’utilisation de la couleur dans la représentation du mouvement, de la technique et du sport, se demandant quelle position lui-même pouvait occuper dans l’évolution d’un monde moderne, nouveau et dynamique dont il voulait être une figure centrale. Le Kunsthaus présente toute la richesse de son travail : des premiers portraits «divisionnistes», marqués par le style fauviste, des années 1906/07 jusqu’aux croquis du Palais des Chemins de fer et du Palais de l’Air pour l’Exposition universelle de 1937 et à sa dernière grande série de tableaux intitulée «Rythmes sans fin», qu’il créa au cours des dernières années de sa vie. Cette rétrospective est complétée par des clichés et des films d’importants photographes et cinéastes de l’époque, eux aussi inspirés par la ville de Paris (Germaine Krull, Man Ray, André Kertész, Ilse Bing, René Le Somptier).

La tour Eiffel, symbole du progrès technique

Un langage pictural fondé sur les contrastes de couleurs et l’utilisation de cercles comme éléments formels et symboles cosmiques sont devenus les marques de fabrique de la peinture de Delaunay. On trouvera dans l’exposition des exemples de ses célèbres séries, comme les voûtes élancées et les vitraux colorés de l’église Saint-Séverin, dans le Quartier latin, ou encore ses représentations de la tour Eiffel – dans 24 des tableaux, vue de côté, de dessus, en perspective, nichée entre les maisons, perdue dans un coin – monument emblématique de Paris et symbole par excellence de la modernité. Les toitures parisiennes, une gigantesque grande roue et des avions dominent ces toiles souvent baignées de soleil.

Avec la série « Les fenêtres », Delaunay engage sa peinture dans une voie nouvelle. Répondant aux jeux réciproques de la lumière, de l’espace et du mouvement, elle s’appuie entièrement sur le contraste des couleurs. Dans ces œuvres, l’univers structuré de la ville semble se dissoudre en une surface plane composée de multiples teintes rompues. Guillaume Apollinaire, poète, critique et grand défenseur de l’art de Delaunay, intégra ces effets visuels fondés sur les relations, les tensions et les harmonies intrinsèques de la couleur pure, à son propre concept d’«orphisme», par lequel il tissait des analogies entre la couleur, la lumière, la musique et la poésie. Delaunay, lui, préférait qualifier ses tableaux de «peinture pure», concept qui trouve sa plus parfaite expression avec le fameux «Disque (Le premier disque)» (1913), dans lequel il élimine toutes les références directes au monde visible et leur substitue une représentation concrète d’effets lumineux prismatiques.

Mouvement et dynamisme sur terre, sur l’eau et dans les airs

 La forme du cercle devient récurrente dans les tableaux de Delaunay dès 1906, et vers 1912/13, elle s’impose comme motif principal de nombreux tableaux sous le titre «Soleil et lune», par exemple dans la spectaculaire toile qui fait partie de la collection du Kunsthaus. Une série de travaux réalisés en 1914 et dédiés à Louis Blériot, pionnier de l’aviation, fait aussi abondamment usage de la forme circulaire. Mû par la volonté de représenter le dynamisme, l’artiste réalise une série de travaux plutôt figuratifs sur la vie moderne, dont les célèbres toiles «Les coureurs» (1924/25). Delaunay s’était déjà livré à des expériences picturales autour de motifs sportifs dans ses tableaux sur «L’équipe de Cardiff», et il connaissait bien sûr la célèbre toile du Douanier Rousseau représentant des joueurs de football. On peut toutefois supposer que son intérêt pour le mouvement et la compétition a encore été stimulé par le spectacle des jeux Olympiques organisés à Paris en 1924.

Portraits de la société

Dans les années 1920, Delaunay crée de nombreux portraits des gens qu’il côtoie dans la capitale, comme les poètes Philippe Soupault et Tristan Tzara, ou d’autres personnalités élégantes de la société parisienne qu’il peint vêtues de tissus imaginés par Sonia Delaunay. À travers la série «Rythmes sans fin», il se rapproche de l’univers de l’abstraction géométrique qui avait pris un bel élan à Paris au début des années 1930. Plus tard, ses travaux serviront de modèle à l’Op Art et ouvriront des voies nouvelles à des artistes développant un style concret, constructiviste.

Des prêts du monde entier

Cette exposition a bénéficié du soutien de nombreux musées importants et de collectionneurs particuliers. Ceux-ci ont mis à sa disposition des chefs-d’œuvre qui, pour des raisons de conservation, ne sont plus que rarement prêtés. C’est notamment le cas du Centre Pompidou (Paris), de l’Abbemuseum (Eindhoven), du Solomon R. Guggenheim Museum et du Museum of Modern Art (New York), du Museum of Fine Arts (Houston), de l’Art Institute (Chicago) et du Moderna Museet (Stockholm).

Jusqu'au 18 novembre 2018 - Site

Séverine et Raymond Benoit Langendorf, Suisse (09/9/2018)

 

L'envol - La Maison rouge

"L'envol", dernière exposition de la Maison Rouge à Paris, offre un parcours de rêves pour tout public du 16 juin au 28 octobre 2018. Dans une sorte de grand cabinet de curiosités, on y découvre des œuvres variées, françaises, belges, suisses...
Le collectionneur Antoine de Galbert et sa petite équipe auront organisé, depuis 2004, dans cette Fondation, 131 expositions originales, axées notamment sur des collections privées d'art contemporain ou des jeunes artistes. 52.000 visiteurs se sont pressés à la récente double exposition sur des poupées noires américaines en tissu et sur une artiste rom autrichienne rescapée de camps nazis.
La dynamique directrice artistique Paula Aisemberg se cherche une nouvelle activité, la larme à l'œil, tandis que les vastes locaux sont vendus, quai de la Bastille. Grand amateur d'art brut et de coiffes ethniques, volontiers provocateur et anti-institutionnel, Antoine savait que ce lieu serait éphémère dès le départ. "On arrête quand tout va bien", répète-t-il à ses amis navrés, au côté de sa compagne, la galeriste Aline Vidal. Mais la porte de sa Fondation reste entrouverte pour quelques projets culturels et artistiques.
Jusqu'au 18 octobre 2018
Site
Marie-France Maniglier (18/6/2018)


Théâtre

 

Guérisseur

Très connu dans les pays de langue anglaise, Brian Friel l'est moins en France. Heureusement, depuis une vingtaine d'années, Alain Delahaye a entrepris de traduire toute l'œuvre abondante du dramaturge irlandais décédé il y a trois ans et il en a déjà traduit un bon nombre. Faith Healer (Guérisseur) en fait partie.
La pièce est actuellement jouée au Lucernaire jusqu'au 14 avril. Trois personnages racontent tour à tour leur histoire commune, celle de la tournée en Grande Bretagne du guérisseur accompagné de son épouse et de son impresario. Tournée hasardeuse dans une vieille camionnette qui les conduit d'un village miteux à un autre encore pire, devant une assistance parfois rare et souvent primitive. Les épisodes cocasses ou dramatiques du voyage sont vus par les trois protagonistes sous des angles différents. Le spectateur, dont l'attention ne se relâche pas une seconde (on entendrait une mouche voler dans la salle) est en plein suspense, complètement accroché aux lèvres des acteurs, mais chacun des trois personnages a sa vérité. Les voyageurs reviennent enfin en Irlande, dans ce village de Ballybeg déjà évoqué dans d'autres pièces de Brian Friel. Je ne dévoilerai pas la fin très subtilement suggérée.
e jeu des trois acteurs tout en nuances ne peut qu'être loué et contribue à faire de cette pièce un spectacle de qualité.

Site

Marie-José Sélaudoux (14/02/2018)

« Les Reines » de Normand Chaurette

Les fans de Shakespeare et les amateurs de théâtre contemporain peuvent se laisser surprendre par « Les Reines », une tragédie francophone du Canadien Normand Chaurette mise en scène par Elisabeth Chailloux. Créé et présenté à la Manufacture des œillets, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), du 12 au 29 janvier 2018, ce spectacle de six comédiennes chevronnées doit ensuite partir en tournée, en particulier à Colmar.
A Londres, le 20 janvier 1483, six femmes se croisent dans un château sombre, où elles s’apostrophent dans une langue riche et poétique. Elles sont sœurs, épouses ou mère de roi. L’une d’elles, qui aimait trop son frère, déambule comme un ange en patins à roulettes. Le roi Edouard agonise ; les enfants d’Elisabeth sont menacés, sur fond de guerre des Deux Roses. De cette guerre s’est inspiré Shakespeare pour écrire « Richard III » et « Henri VI ». Ces personnages de Shakespeare sont réincarnés par Chaurette : Anne Dexter (interprétée par Bénédicte Choisnet), la duchesse d’York (Sophie Daull), les sœurs Isabelle Warwick (Pauline Huruguen) et Anne Warwick (Marion Lenfant), la reine Elisabeth (Anne le Guernec), la reine Marguerite (Laurence Roy).
Normand Chaurette, né en 1954 à Montréal, explique : « je tenais à écrire une pièce sur la métaphore, sur la langue, sur le flamboiement, sur le décadent ». La question du pouvoir n’est pas fondamentale pour ces rôles, assure le dramaturge, qui pense l’acteur comme un instrument de musique : « les mots sont pour moi des rondes, des blanches, des noires et des croches, la voix des acteurs des timbres ».  

L’ancienne manufacture des œillets, centenaire, a été rachetée par la ville d’Ivry en 2009 et Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. On y fabriquait des œillets, des anneaux métalliques permettant de consolider les trous pratiqués dans du tissu ou dans du cuir pour y glisser des lacets. Aujourd’hui, elle abrite le théâtre des quartiers d’Ivry (centre dramatique national du Val-de-Marne), avec ses activités de création et de production, de formation professionnelle et amateur (l’Atelier Théâtral), de rencontre avec des artistes et des compagnies venues d’ailleurs (Théâtre des Quartiers du Monde). Des plasticiens contemporains y sont également présentés dans un des bâtiments avec le CREDAC.

Site

Marie-France Blumereau-Maniglier (15/01/2018)

 


Musique

 

Les 40 ans de l’Orchestre de chambre de Paris

L’orchestre de chambre de Paris fête ses 40 ans. Ses activités allient qualité musicale et projets pédagogiques. Il se produit principalement au Théâtre des Champs-Elysées, mais aussi à la Philharmonie.

La saison 2018-2019 présente de nombreux points forts, comme des concertos par François-Frédéric Guy dans la série « jouer diriger », les artistes Emmanuel Pahud, Alisa Weilerstein, François Leleu, une participation à un week-end « Syrie » de la Philharmonie, du chant, des opéras, les concerts de musique de chambre, etc. 

Toute la saison

Thierry Vagne - 08/4/2018

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